Une fois les bases de l’amortissement comprises, la question qui se pose très vite est la suivante : comment calculer concrètement un amortissement et quelle méthode utiliser.
En pratique, ce sont surtout les méthodes linéaire et dégressive qui sont utilisées en comptabilité.
Cet article a pour objectif d’expliquer comment fonctionnent ces deux méthodes, comment les calculer, et dans quels cas elles sont utilisées. Il s’adresse à des lecteurs qui ont déjà compris le principe général de l’amortissement et qui souhaitent passer à une application concrète, notamment dans un cadre de formation ou de préparation aux examens.
Rappel utile : ce que l’on amortit (et sur quelle base)
En comptabilité, l’amortissement s’applique aux immobilisations, c’est-à-dire aux biens destinés à être utilisés durablement par l’entreprise. Il peut s’agir d’immobilisations corporelles (machines, véhicules, mobilier, bâtiments) ou incorporelles (brevets, licences).
La base de calcul de l’amortissement correspond au coût d’acquisition du bien. Celui-ci comprend :
Ce montant constitue la valeur amortissable qui sera répartie sur la durée d’utilisation du bien.
Durée d’amortissement et taux usuels
La durée d’amortissement dépend de la nature de l’actif et de son usage. En pratique, des durées usuelles sont couramment appliquées en comptabilité suisse, notamment sur la base de recommandations fiscales.
À titre indicatif :
matériel informatique : souvent 3 ans,
véhicules : 4 à 5 ans,
machines et matériel de production : 5 à 10 ans,
mobilier : environ 10 ans,
bâtiments : 20 à 50 ans.
La durée choisie permet de déterminer le taux d’amortissement, qui servira ensuite au calcul selon la méthode retenue.
Le prorata temporis : un point clé en pratique
Les immobilisations ne sont pas toujours acquises au début de l’exercice comptable. Lorsqu’un bien est mis en service en cours d’année, l’amortissement de la première année doit être ajusté au prorata temporis.
Cela signifie que l’on amortit uniquement la période pendant laquelle le bien a effectivement été utilisé durant l’exercice. Le calcul peut se faire en mois complets ou en jours.
Exemple :
Une entreprise achète un véhicule le 30 juin pour CHF 20’000, amorti sur 4 ans. L’amortissement annuel normal est de CHF 5’000. La première année, l’amortissement ne portera que sur six mois, soit CHF 2’500.
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L’amortissement linéaire : fonctionnement et calcul
Principe
L’amortissement linéaire est la méthode la plus simple et la plus couramment utilisée. Le montant amorti est le même chaque année sur toute la durée de vie du bien.
Calcul
L’amortissement annuel se calcule de l’une des deux manières suivantes :
Exemple
Un ordinateur est acheté CHF 600 et amorti sur 3 ans.
L’amortissement annuel est de CHF 200, obtenu soit en divisant 600 par 3, soit en appliquant un taux de 33 %.
Lorsque le bien est acquis en cours d’année, le montant reste constant sur la durée, à l’exception de la première et de la dernière année, où le prorata temporis s’applique.
Le plan d’amortissement
Pour suivre l’évolution de l’amortissement dans le temps, on utilise un plan d’amortissement. Il s’agit d’un tableau qui présente :
l’amortissement comptabilisé chaque année,
la valeur résiduelle du bien,
le montant restant à amortir à la fin de chaque exercice.
Le plan d’amortissement est un outil indispensable en pratique, notamment pour les exercices comptables et les examens.
L’amortissement dégressif : fonctionnement et calcul
Principe
L’amortissement dégressif permet d’amortir une part plus importante de la valeur du bien durant les premières années de son utilisation. Contrairement à la méthode linéaire, le taux est appliqué chaque année à la valeur résiduelle, et non à la valeur d’origine.
En pratique, le taux dégressif correspond généralement au double du taux linéaire.
Calcul et exemple
Une machine est achetée CHF 100’000 et amortie sur 5 ans.
Taux linéaire : 20 %
Taux dégressif : 40 %
Chaque année, le taux de 40 % est appliqué à la valeur résiduelle de l’année précédente. L’amortissement est donc plus élevé au début, puis diminue progressivement au fil du temps.
Cette méthode est souvent utilisée lorsque l’actif perd rapidement de sa valeur durant les premières années d’utilisation.
Amortissement linéaire ou dégressif : quelle méthode choisir ?
Le choix entre amortissement linéaire ou dégressif dépend principalement :
Dans tous les cas, la méthode choisie doit être cohérente, justifiée et appliquée de manière constante d’un exercice à l’autre.
Conclusion
L’amortissement linéaire et l’amortissement dégressif sont deux méthodes fondamentales en comptabilité. Les comprendre ne suffit pas : il est essentiel de savoir les calculer correctement, d’appliquer le prorata temporis lorsque nécessaire et de choisir la méthode adaptée à chaque situation.
À ce stade, on ne se situe plus dans la simple définition théorique, mais dans l’application concrète des règles comptables.
C’est cette maîtrise pratique qui est attendue aussi bien en entreprise que dans le cadre d’une formation ou d’examens en comptabilité suisse.