Travail d’évaluation : tester des compétences en comptabilité

Travail d’évaluation : tester des compétences en comptabilité

Dans cet article, vous verrez comment se construit une évaluation, qu’elle soit sommative ou formative. Une évaluation sommative est par exemple une épreuve, une récitation, un examen, un test dont le résultat ou la note compte pour un bulletin semestriel, un passage à un degré supérieur ou l’obtention d’un diplôme, d’une certification ou encore d’un module ou d’un cours dans un cursus de formation plus large. Au contraire, l’évaluation formative sert à évaluer le degré de maîtrise d’un sujet dans un but d’améliorer les connaissances et compétences avec des procédures de régulation, par exemple avec des exercices supplémentaires ou une aide d’une personne (professeur ou un-e autre apprenant-e). Le texte provient d’un travail de module de l’Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP) pour le diplôme d’enseignant de la formation professionnelle.

1. Introduction

 

1.1.Brève présentation personnelle

 

J’ai obtenu un master en sciences économiques et sociales à l’université de Fribourg. Pendant mes études, j’ai eu l’opportunité d’effectuer des remplacements au cycle d’orientation au niveau pratique et développement. Cette expérience m’a beaucoup plu et je me voyais enseignante vers l’âge de 40 ou 50 ans. Après mes études, j’ai travaillé dans plusieurs entreprises internationales. Je me suis rendu compte au fur et à mesure du temps que les valeurs de la dernière entreprise dans laquelle je travaillais n’étaient pas en adéquation avec mes principes et mes valeurs. Il a fallu faire un choix à cet instant et j’ai décidé de changer de métier pour devenir enseignante. Maintenant, j’enseigne depuis 2010 les branches économiques (économie, gestion, comptabilité) à l’Ecole des métiers, technique et arts de Fribourg (EMF). J’ai commencé l’enseignement en 2010 en ayant quatre périodes par semaine. Je remplissais le reste du temps en faisant des remplacements dans les divers cycles d’orientation du canton. A l’entrée 2011-2012, un poste à 100% m’a été confié. Après avoir effectué cette année à 100%, j’ai demandé à la direction de pouvoir suivre une formation pédagogique pour mieux répondre aux besoins des apprenants. Depuis la rentrée 2012- 2013, je suis la formation à l’IFFP en parallèle de mon travail d’enseignante.

 

1.2.Le centre de formation professionnelle

 

L’Ecole des Métiers technique et art de Fribourg est organisée en quatre sections qui offrent les formations initiales à plein temps dans les domaines de communication visuelle – section eikon, des techniques industrielles – section ergon, de l’informatique – section logus et la section scola. Les personnes en formation peuvent suivre à l’EMF les formations professionnelles initiales du niveau secondaire II, ainsi que les branches de culture générale selon les exigences fédérales des Ordonnances de formation professionnelle initiale, ou les cours de maturité professionnelle, sous forme intégrée à l’apprentissage (MP1). La durée de la formation est de 4 ans et aboutit à l’obtention du Certificat fédéral de capacité dans la profession apprise. La plupart des élèves préparent simultanément la maturité professionnelle, en suivant les cours MP1 qui sont organisés sur les trois premières années de formation. Pour les apprentis présentant de bonnes dispositions, la durée d’apprentissage peut être réduite à trois ans. L’EMF propose également les cours de maturité professionnelle technique sous forme« post-apprentissage » (MPT2), à plein temps sur une année, pour les porteurs de CFC. La maturité professionnelle fédérale atteste l’aptitude de son titulaire à suivre des études dans une haute école spécialisée1.

 

1.3.La formation IFFP – Le module 5

 

Je me plais dans mon travail et j’ai très envie de m’investir davantage. Cela m’a poussée à poursuivre la formation de l’IFFP. Je voulais absolument approfondir mes connaissances en pédagogie et en didactique. Je désire avoir en mains des outils qui puissent me permettre d’expliquer la leçon de différentes façons pour captiver l’attention des élèves. Je veux rendre mes cours interactifs. Je désire profondément donner à mes élèves des outils afin qu’ils puissent trouver leurs propres méthodes d’apprentissage et qu’ils deviennent autonomes et responsables. J’aimerais aussi qu’ils soient capables, pour la suite de leurs études, de se débrouiller tout seul. Et finalement, j’aimerais leur inculquer, ne serait-ce qu’un peu, l’esprit critique et les rendre attentifs des réalités du monde dans lequel nous vivons.

 

1.4.Objectif et structure du travail de validation

 

J’ai choisi pour ce module sur l’évaluation de travailler sur un thème de la comptabilité. Nous nous trouvons avec les élèves de maturité au dernier chapitre de la comptabilité qui consiste à traiter les comptes de marchandises. Ce thème se porte sur les entreprises commerciales qui ont pour objectif d’acheter des marchandises auprès des grossistes dans le but de les revendre sans que les marchandises ne subissent de transformations. A la fin des dix périodes d’enseignement, je prévois une évaluation sommative. Elle me permettra de vérifier si les apprenants disposeront des compétences visées de savoir et savoir-faire que demande le plan d’étude de l’EMF. L’évaluation sera composée de plusieurs exercices qui devront être résolus et qui visent les objectifs fixés dès le départ. Dans la suite de mon travail, la structure du travail de validation sera expliquée de manière plus détaillée.

 

2.Conception de l’Epreuve

 

2.1.Présentation des apprentis/étudiants

 

J’enseigne à des apprenants post-CFC, qui suivent une maturité à plein temps pendant une année. Leur âge se situe entre 20 et 24 ans. Les personnes constituant ce public sont 1 http://www.emf.ch/ relativement motivées car elles ont choisi de faire une maturité pour pouvoir poursuivre leurs études supérieures. Les apprenants peuvent venir de toute la Suisse romande. Une majorité d’entre eux a déjà fait son CFC à l’EMF et prolongent leurs études à l’école. Les autres apprenants viennent de différents horizons. De ce que j’ai pu constater en discutant avec eux, beaucoup veulent poursuivre leurs études à l’école d’ingénieurs et architecte de Fribourg. L’intérêt se porte aussi sur les études universitaires, car il y a toujours dans une classe, des apprenants qui veulent se diriger vers ces études. Une classe d’apprenants post- CFC est composée d’une vingtaine de personnes en début d’année. Le nombre peut diminuer fortement après le premier semestre. Certains apprenants décident d’arrêter la maturité. Les motivations pour arrêter sont diverses. Soit certains apprenants n’ont pas les moyennes nécessaires et se découragent de surmonter l’épreuve de remonter les notes. Soit alors, certains trouvent du travail en cours de leurs études et cela est une motivation suffisante pour eux d’arrêter les études.
2.2.Enjeux du présent travail pour les apprentis/étudiants
Selon le PEEC Fribourg et le plan d’étude de l’EMF, les apprenants doivent être évalués par des évaluations sommatives au moins 3 fois par semestre. La moyenne des notes effectuées pendant le semestre donnera la note finale du semestre par élève. Dans mon cas, il s’agit d’un bloc de matières. L’économie politique, l’économie de gestion et le droit font une même et unique matière. Les apprenants ont deux périodes de comptabilité, une période de droit et une période d’économie. J’essaie toujours d’effectuer une note de plus en comptabilité pour avoir un certain équilibre entre le nombre de périodes. L’évaluation sommative que les apprenants auront vers la fin avril sera la troisième note de comptabilité pour le semestre. Cette note additionnée des deux premières notes de comptabilité et des deux notes d’économie ainsi que des deux notes de droit, le tout divisé par sept donnera la note finale du semestre pour le bloc économie et droit par élève. La note finale du premier semestre sera additionnée à la note finale du deuxième semestre et la moyenne des deux notes donnera la note finale de l’année pour l’élève. Le bloc économie et droit fait partie des branches théoriques et il faut une moyenne de quatre pour être promu dans la branche. Cette note n’aura pas une grande incidence sur la réussite de l’apprenant car elle fait partie parmi tant d’autres évaluations qui ont eu lieu durant l’année. De plus, j’offre la possibilité aux apprenants à la fin du semestre de faire une évaluation de rattrapage qui consiste à la répétition de toutes les matières étudiées durant le semestre. Je prends ensuite la moyenne de la pire note du semestre avec celle de rattrapage et cela améliore la pire note du semestre et par conséquent celle du semestre.
2.3.Mes attentes par rapport au présent travail
Le chapitre que je suis en train de traiter avec les apprenants en ce moment n’est pas simple. La difficulté du cours croît au fur et à mesure de l’avancement dans les chapitres. Ce dernier chapitre regroupe non seulement quasiment toute la matière déjà étudiée jusqu’à présent mais il fait ressortir des nouvelles notions bien complexes. J’ai prévu dix périodes pour le chapitre sur les comptes marchandises et l’objectif que je me suis fixée et qui correspond à celui du plan d’études de l’EMF est le suivant : A la fin des 10 périodes prévues pour ce chapitre, les apprenants doivent être capables de réaliser la comptabilité d’une entreprise commerciale (le terme de comptes marchandises est sous-entendu dans ce cas) sur la base d’un cahier de charge adapté et trouver son point mort ou seuil de rentabilité. Mon objectif est par conséquent de présenter le cours de la manière la plus claire possible qui soit en prenant des exemples d’entreprises existantes pour que les apprenants puissent comprendre la nuance entre une entreprise commerciale et une entreprise de service. Ensuite, il faut amener le cours de façon à introduire toutes les nouvelles notions d’achat de marchandises en vue de les revendre pour ce faire un bénéfice qui s’appelle le bénéfice brut. Il y a l’introduction des notions telles que le prix d’achat, le prix de ventes, les coûts des achats, les frais d’achat (transports, assurances, frais de douane etc.), le prix de revient d’achat des marchandises achetées et le prix de revient d’achat des marchandises vendues. Toutes ces notions ne doivent pas seulement être comprises mais par la suite les apprenants peuvent les évaluer grâce à l’aide de calculs qui permettent de trouver leur valeur en utilisant le compte de résultat à deux degrés. Or une entreprise a d’autres frais encore, qu’en comptabilité sont appelés les frais fixes. Une autre notion entre en jeu, le bénéfice net. C’est le plus important pour l’entrepreneur car c’est ce dernier qui lui reste en poche. Par conséquent, nous arrivons dans une autre partie du chapitre qui consiste à trouver la valeur du point mort ou du seuil de rentabilité, c’est-à-dire le chiffre d’affaire que devrait réaliser le patron de l’entreprise commerciale pour pouvoir payer absolument tous les frais, fixes et variables. A cet instant, le patron ne réalise pas de bénéfice, ou le bénéfice qu’il Réalise va servir à payer les frais fixes de l’entreprise. Cela implique que le bénéfice net soit nul. Mon but est de m’assurer que les apprenants ont bien compris et résolu des situations d’entreprises relativement complexes. Pour le vérifier, à la sixième période d’enseignement, je prévois de faire une évaluation formative qui contiendra deux à trois exercices complexes. A la fin de celle-ci, je demanderai aux apprenants d’échanger leur feuille par deux avec leur voisin. Chaque élève aura ainsi la charge de corriger la copie de son voisin pendant que je présenterai la solution. A la fin de la période, je vais récolter les copies afin de me rendre compte des erreurs des élèves.
  • Les élèves auront la possibilité de se rendre compte de leurs erreurs, de leur difficulté, de comprendre leur progression et d’évaluer le travail qui leur reste à fournir pour arriver à l’objectif final.

  • Pour moi, cela me permettra d’identifier les problèmes rencontrés chez les élèves, d’analyser si les objectifs sont atteints ou pas ou de voir leur réussite.

  • En cas de problème, je peux remédier de la façon suivante :

  • Revenir sur les aspects les plus importants du cours (moi)

  • Refaire des cas complexes pour qu’ils continuent à s’exercer (apprenants)

  • Je peux adapter mon cours selon leur besoin (moi)

  • Je peux lancer un débat avec les élèves et clarifier avec eux les points qui ne vont pas. (apprenants et moi)

  • En cas de bonne réussite :

  • Je peux affirmer leur bon résultat et les féliciter

  • Je peux les encourager à continuer à travailler ainsi

  • Je peux faire une synthèse très courte du chapitre en mettant l’accent sur les points essentiels.

Le chapitre se terminera par une évaluation sommative, qui me permettra de déterminer les acquis, les appropriations et l’état des connaissances des apprenants. Je peux également avoir un retour sur l’efficacité des méthodes d’enseignement utilisée. Ceci me permettra d’apporter les améliorations aux cours futurs.
2.4.Compétences de référence
2.4.1.Situation représentative
Le chapitre sera traité en cinq fois deux périodes. J’ai mis en place par conséquent les objectifs spécifiques par rapport à ces périodes. Le chapitre est relativement long et je désire développer les compétences suivantes :
  1. Réaliser la comptabilité d’une entreprise commerciale selon un cahier de charge adapté

  2. Calculer le CAN pm (chiffre d’affaire net au point mort)

Les objectifs un à cinq des objectifs spécifiques personnels mentionnés ci-dessous au point
  1. seront traités dès les deux premières périodes du cours. Pendant les deux périodes suivantes, nous ferons des exercices de réinvestissement avec les apprenants pour qu’ils s’approprient les notions vues aux premières périodes. De plus les objectifs six à huit seront traités tout en faisant des exercices appropriés. La période cinq sera consacrée à la répétition des notions et des calculs effectués pendant les quatre périodes précédentes, alors que la sixième période consistera en une évaluation formative. Durant celle-ci, je prévois des exercices en rapport avec ce qui a été vu jusqu’à présent. Tout ce que je viens de décrire correspond au premier énoncé de compétences.

Les périodes sept et huit seront consacrées aux nouvelles notions de « point mort ». Pendant ces deux périodes, les objectifs spécifiques neuf et dix sont visés. Finalement les deux dernières périodes consacrées à ce chapitre serviront à faire des exercices en rapport avec le seuil de rentabilité avec les apprenants et essayer de les résoudre ensemble. Ce qui correspond à l’énoncé de compétences numéro 2, présenté ci-dessus. Je vais clore ce chapitre avec une évaluation sommative pour vérifier les acquis de mes apprenants et leurs savoir-faire. Le travail de ce module consistera à se pencher sur l’évaluation sommative.
2.4.2.Compétences professionnelles et principales ressources à mobiliser
Le plan d’études de l’EMF précise que les compétences à développer pour la comptabilité sont : l’apprenant sera en mesure d’analyser et d’interpréter les différentes données afin de connaître la « santé financière » d’une entreprise. Pour répondre à ces critères, j’ai développé dans le point 2.3 ci-dessus les compétences précises à mettre en place, le savoir et le savoir-faire. Comme il s’agit du dernier chapitre de la comptabilité, ce dernier nécessite toutes les ressources déjà acquises par les étudiants durant toute l’année. Jusqu’à présent, les apprenants ont vu le fonctionnement d’une entreprise de service. Pour comprendre son fonctionnement, il fallait maîtriser les éléments suivants : l’inventaire et le bilan initial, le journal, le grand livre, le compte de résultat à un degré, le compte privé et le bilan final. Pendant le chapitre précédent, les élèves ont été évalués sur le chapitre du compte privé. Dans ce chapitre, ils ont atteint les prérequis suivants : effectuer le journal, passer les écritures dans le grand livre et les boucler, effectuer le compte de résultat à un degré, trouver le bénéfice net, calculer les écritures internes concernant le propriétaire et faire le bilan final. Le présent chapitre traite des entreprises commerciales. Il ajoute les notions de compte de résultat à deux degrés, le chiffre d’affaire net, les achats, les ventes, le prix de revient d’achat de marchandises achetées, le prix de revient d’achat de marchandises vendues, les frais d’achat, le bénéfice brut et le bénéfice net. En maîtrisant ces notions et leurs calculs, l’apprenant sera capable d’analyser et interpréter la santé financière de l’entreprise.
2.4.3.Objectifs opérationnels et objectifs spécifiques des cours
Les objectifs que je me fixe par rapport au chapitre que je vais enseigner sont :
  • Objectif général : A la fin des 10 périodes prévues pour ce chapitre, les apprenants doivent être capables de réaliser la comptabilité d’une entreprise commerciale sur la base d’un cahier de charge adapté et trouver son point mort ou seuil de rentabilité.

  • Objectifs spécifiques : les apprenants doivent être capables de :

  1. Effectuer un compte de résultat à deux degrés en utilisant les notions fondamentales (Ventes de marchandises, prestations à soi-même, achat de marchandises, frais d’achat, déductions obtenues et déductions accordées, variation de stock, bénéfice brut, frais fixes et bénéfice net)

  2. Calculer le chiffre d’affaire net (CAN)

  3. Calculer le prix de revient d’achat de marchandises achetées (PRAMA)

  4. Calculer le prix de revient d’achat de marchandises vendues (PRAMV)

  5. Calculer le bénéfice brut (BB) et le bénéfice net (BN)

  6. Calculer la variation du stock

  7. Effectuer le grand livre en utilisant les comptes marchandises

  8. Journaliser les opérations concernant les entreprises commerciales

  9. Analyser et expliciter la signification de la notion du « point mort »

  10. Calculer la marge brute (MB)

  11. Calculer la valeur du CAN au « point mort »

2.4.4.Objectifs spécifiques à évaluer
Les exercices de l’évaluation sommative sont conçus de telle manière, que tous les objectifs sp