La science derrière l’apprentissage : les interactions humaines

La science derrière l’apprentissage : les interactions humaines

Plusieurs recherches scientifiques ont été menées dans le but de d’améliorer favorablement les formations professionnelles.

 

L’organisation apprenante

 

L’un des concepts qui a été populaire ces derniers temps, est celui des organisations apprenantes. Il s’agit du partage du savoir et des connaissances par tout un chacun au sein de l’organisation avec les autres personnes qui y font partie. Et c’est ce qui est au centre de l’approche proposée par certaines plateformes de formation et instituts de formation en ligne comme BetterStudy Swiss Online Education, qui mettent à la disposition des différentes structures, ses formateurs et experts métiers pour les accompagner dans la concrétisation de leur stratégie de formation.

 

Les interactions humaines jouent un rôle important dans l’engagement dans un contexte de plus en plus connecté. Plusieurs recherches effectuées dans ce sens ont pu souligner qu’elles constituent un facteur primordial dans le processus de formation et d’apprentissage. C’est pourquoi la plateforme développées par BetterStudy se focalise principalement sur les interactions humaines.

 

Tout un chacun a la possibilité de nos jours de se débarrasser des tensions entre les équipes business et les équipes L&D, en misant sur leur aptitude à être plus engagées. Les cours en ligne créés chez BetterStudy arrivent indubitablement à réaliser l’objectif business fixé, au regard de leur rapidité, leur simplicité et leur engagement.

  

Le choix du partenaire de formation

 

En sollicitant les services de la bonne plateforme pour votre société, c’est l’occasion pour une structure de devenir une organisation apprenante, qui va développer ses compétences et son agilité. Une chance pour que la collaboration aboutit sur de la productivité et de l’innovation de manière organique.

La méthode suivie consiste à capitaliser sur les leaders réels en montant sa stratégie de formation sur les formateurs et les experts présents à l’intérieur même de l’entreprise. Cette démarche va permettre de générer de l’engagement, soit un nouveau standard dans l’univers de la formation.

 

Introduction

 

La principale préoccupation est de savoir la façon la plus efficace pour l’apprentissage des gens. Le sujet a fait l’objet de nombreuses recherches et études entreprises par des professeurs, des psychologues, des neuroscientifiques et des chercheurs.

 

Les différents spécialistes issus des divers domaines se sont penchés sur le fonctionnement du cerveau humain pour l’absorption de l’information, en vue de procéder aux ajustements nécessaires pour faciliter la transmission des données. Les récentes études des neuroscientifiques  ont prouvé que les interactions humaines jouent un rôle primordial dans l’apprentissage.

Mais il faut dire qu’avec la digitalisation, il serait difficile d’incorporer les échanges humains. En effet, le monde se trouve actuellement dans une phase transitoire aboutissant sur un modèle sociétal gouverné par la technologie. La preuve, le travail à distance est devenu une réalité tangible voire un exemple.

 

Le monde des affaires  enregistre un grand développement technologique, surtout avec la technologie mobile ce qui souligne plus encore une digitalisation de masse. Ce qui ne fait que confirmer les changements opérés dans la manière de travailler de tout le monde.

  

Un fait qui doit s’étendre à la démarche d’apprentissage. Le digital est une norme dans la formation professionnelle avec 98% des sociétés comptant miser sur l’e-learning d’ici 2021. Ce n’est guère un choix mais une nécessité pour avoir un modèle basé sur la technologie qui garantit la flexibilité et la réactivité de l’organisation.  En effet, ceci devient une exigence surtout dans le cadre de l’accélération des cycles business. Des changements sont apportés au niveau des méthodes et démarches mais le principal défi consiste à s’assurer de l’engagement des apprenants, en vue de réaliser les objectifs business.

 

Une certaine impression d’impersonnel est ressentie à chaque fois que sont évoqués les termes cours en ligne, classes virtuelles et formation à distance. Mais il convient de rappeler que l’un des attraits de l’e-learning est de prendre part à des cours, mais sans interaction physique avec les participants ou le formateur.

 

Il faut dire que l’apprentissage à distance présente plusieurs avantages par rapport au modèle traditionnel en présentiel. Mais est-ce que l’apprentissage virtuel garantit plus d’efficacité ? Il paraît que oui, sous réserve de bien procéder. Ce qui pose problème de nos jours au niveau de l’e-learning est que les cours sont créés de telle façon à les suivre en solo et passivement.

Dès lors l’interaction humaine est absente dans ce procédé, ce qui se révèle inefficace et peu engageant.  Mais les recherches neuroscientifiques sont encourageantes, car l’e-learning peut devenir un outil business indubitable assurant l’évolution et l’engagement des apprenants.

 

Les principaux éléments de cet article

 

  • L’adoption de l’apprentissage actif et de la métacognition : définir la démarche et la méthode à suivre pour permettre aux apprenants d’apprendre plus rapidement en devenant les acteurs et les architectes de leur stratégie d’apprentissage personnelle.

 

  • La compréhension du rôle imminent des neurones miroir dans les processus d’apprentissage et la façon dont cet élément peut influencer la mission du formateur.

 

  • La maîtrise du savoir pour l’incorporation des interactions humaines dans les cours prodigués et la manière dont cette initiative assurera l’amélioration visible des KPI de formation.

 

Les études mentionnées dans cet article sont le résultat de recherches en neurosciences et de travaux de Sugatra Mitra, spécialiste en recherche dans les sciences de l’éducation et dont la renommée n’est plus à faire dans le domaine des recherches liées à l’apprentissage.

 

Les différentes études analysent le fonctionnement du cerveau et les comportements humains ainsi que l’aspect psychologique. Ce livre blanc permet de comprendre et de découvrir la démarche pour l’application des trouvailles des différentes études dans les programmes de formation.

 

1. L’amélioration de la rétention des connaissances avec l’apprentissage actif

 

Il arrive qu’en soit absorbé par un cours passionnant au point d’oublier qu’il s’agit d’un travail. Dans ce cas le formateur ou le professeur pose des questions pertinentes et la discussion est ouverte.  Il va de même lorsque tout le monde est impliqué dans la résolution des problèmes tout en développant sa propre compréhension du sujet de manière graduelle. On peut être tellement pris par le sujet au point d’en parler le soir venu avec des amis. Dans ce cas le cours a joué le rôle de déclic et il ne s’agit aucunement d’une coïncidence. Mais il s’agit d’une illustration de l’apprentissage actif.

 

Ce dernier est un processus permettant à l’étudiant ou l’apprenant de monter de manière active, une compréhension qui lui est propre, en mettant à profit les interactions avec les autres apprenants et la pratique du raisonnement à un objet concret. Cette approche garantit une amélioration de l’engagement, en plus de la compréhension et la rétention de la connaissance et du savoir chez l’apprenant.

 

Les influences de l’apprentissage actif

 

Les chercheurs de l’Université de Washington ont présenté une étude qui confirme l’efficacité de l’apprentissage actif pour booster les performances des étudiants au niveau académique.  La même étude indique que sans l’apprentissage actif, les chercheurs ont constaté un déclin important de la réussite académique.

 

PNAS qui est un journal scientifique pluridisciplinaire  a présenté une étude qui a constaté une baisse de l’effectif des étudiants décrochant un diplôme en sciences, en technologie, en ingénierie et en mathématiques. En effet le nombre des étudiants américains optant pour de telles spécialités ne dépasse pas les 40%  dont 20% seulement décroche un diplôme.

 

Les chercheurs ont analysé les environnements d’apprentissage pour comprendre les raisons derrière cette régression. Ce qui va permettre de définir la meilleure approche à adopter pour l’amélioration des performances estudiantines. Ils doivent décider entre l’apprentissage fondé sur les cours magistraux traditionnels ou l’apprentissage actif initié par les apprenants.

 

Ils ont analysé quelque 225 études déjà existantes et qui ont évalué la performance des étudiants en cours, en procédant à une comparaison entre les cours magistraux et l’apprentissage actif, tout en se référant à la performance aux examens et les taux d’échec.

 

La participation active au cours de l’apprentissage assure plus d’investissement de la part des étudiants qui retiennent l’information de manière efficace. L’étude de Freeman a fourni des résultats confirmant ces faits et elle peut constituer un catalyste permettant de se passer des cours magistraux. Cette étude confirme que l’apprentissage passif augmente le risque d’échec des étudiants, ce qui nécessite l’adoption d’une nouvelle approche de formation.

 

Le point crucial de l’apprentissage actif

 

Il est tout à fait compréhensible se demander sur la raison pour laquelle, l’apprentissage actif fonctionne parfaitement et le secret derrière son efficacité. La réponse est simple, il s’agit des interactions humaines. L’apprenant lorsqu’il est impliqué dans une posture d’apprentissage actif, il serait tenu de mettre en pratique et mieux appréhender les cours et ce avec l’évolution de l’apprentissage. Une telle démarche ne peut connaître de succès que grâce aux interactions humaines.

 

Evidemment, il n’est guère possible que le process fonctionne en toute autonomie, car chaque apprenant a besoin des autres. L’apprentissage a plus de sens pour les étudiants qui collaborent entre eux et partagent des idées mutuellement ce qui génère une réflexion commune. La preuve la plus imminente dans ce sens est les exercices en ligne, impliquant des interactions humaines.

On parle notamment des échanges entre les apprenants, la résolution des problèmes en équipe ou les groupes tutorés, ce qui permet à chacun d’eux de mettre en application et de pratiquer ce qui a été appris.  C’est aussi un moyen d’évaluer son niveau de compréhension et d’assimilation de manière simultanée, en mettant à profit les retours et la validation par les pairs.

 

L’implémentation des interactions humaines dans le processus  de l’apprentissage permet de motiver les apprenants et d’améliorer la rétention et la compréhension des informations. En plus de favoriser la création des connexions humaines, qui est un élément vital dans les dynamiques d’apprentissage.

 

2. La révélation du fonctionnement du cerveau grâce à l’étude des neurones miroir

 

L’apprentissage des nouveau-nés passe par leur interaction avec les autres humains. Les bambins apprennent rapidement à sourire, à tirer la langue ou à agiter leur main en guise de salut, en mimant les gestes des adultes. L’une des manières les plus simples d’apprentissage est l’observation puis la réplique d’un comportement. Et cette démarche est également valide lors de la formation à l’âge adulte.

 

Il arrive de ressentir l’humiliation d’un comédien qui vient d’être hué sur scène ou la douleur de quelqu’un qui se cogne le coude. Lorsqu’une personne sourit, on ne peut que lui retourner son sourire, alors qu’un bâillement se révèle contagieux. Il s’agit de quelques cas illustrant l’empathie totale avec une autre personne en se basant sur l’observation seulement et ce grâce aux neurones miroir.

 

C’est quoi les neurones miroirs ?

 

Les neurones miroirs ont été découverts dans les années 90, grâce au neurophysiologiste italien Giacomo Rizzolatti et son équipe. Ils ont mené des expérimentations permettant l’étude du fonctionnement des neurones qui servent à contrôler les mouvements moteurs chez les macaques.

 

Au cours de l’expérimentation, l’animal doit réaliser une action avec sa main ou sa bouche, en prenant de la nourriture par exemple. Pendant ce temps, les chercheurs doivent enregistrer l’activité neuronale déclenchée. Ce qui n’a pas été prévu, est qu’une activité neuronale similaire se déclenche chez les singes observant la scène. Ce qui a permis de constater que le cerveau a l’aptitude d’adopter le même comportement qu’un individu qu’on observe.  Il réagit comme si l’observateur lui-même effectue l’action. Il va sans dire que les neurones miroirs ont joué un rôle important dans le développement de l’humanité.

 

Les neurones miroir et leur rôle dans l’e-learning

 

La découverte des neurones miroir a permis de mettre en avant que l’intelligence de L’Homme se développe à travers l’observation, la compréhension et l’imitation. Seulement, il faut trouver la bonne démarche à suivre pour l’exploitation et l’application de ce fait dans la formation, surtout dans un contexte de digitalisation.

 

La manière d’apprentissage des gens a grandement évolué, elle n’est plus la même qu’il y a 50 ou 10 ans. Et on peut se demander si le rôle des neurones miroir peut être le même de nos jours. A ce qu’il paraît que c’est le cas, même si de nos jours on adopte plus l’apprentissage en ligne qui constitue l’avenir de la formation. L’usage d’un univers virtuel dans le processus d’apprentissage ne signifie pas l’absence des interactions humaines.

 

Les caractéristiques distinctives des neurones miroir sont tout aussi efficaces dans le cadre d’un dispositif digital. D’où la nécessité de veiller au développement des interactions humaines dans l’e-learning. D’ailleurs l’internet est créé dans la perspective d’assurer la connexion entre les gens à travers son réseau. Une approche qui doit être exploitée dans l’apprentissage en ligne. Ce dernier doit mobiliser tous les moyens et outils en vue de répliquer les interactions humaines expérimentées dans le face-à-face. Ce point est crucial mais jusque-là, il a été négligé par les concepteurs des formations et des plateformes.

 

De nos jours plusieurs des solutions e-learning disruptives se basent sur des formats qui ne sont pas suffisamment interactifs, ce qui peut rendre la formation ennuyeuse et peu intéressante pour l’apprenant.

 

Traditionnellement, on adoptait les modèles SCORM qui s’appuient sur une méthode passive d’apprentissage. En effet, l’apprenant ne fait que faire défiler les écrans  et les guides cartoonesques  qui remontent aux années 80. La formation en ligne n’a fait que copier la démarche du cours magistral qui s’est révélée inefficace.  En réduisant ou en éliminant le rôle des interactions humaines, on dénie au cerveau son instinct qui se base sur l’observation, la formation d’une conclusion et la réplique.

 

La stimulation des apprenants

 

Jusque-là, personne ne peut déclarer avec précision le moment exact où les neurones miroir ont  commencé à jouer un rôle imminent dans le fonctionnement du cerveau.  Mais ce qui est certain est qu’ils sont constitutifs dans la définition de l’humain et permettent de le distinguer des autres espèces. Les interactions humaines doivent être intégrées dans les formations, car elles permettent aux apprenants d’apprendre mutuellement les uns des autres. Une telle approche garantit la stimulation de l’appréhension et de la compréhension des étudiants.

 

En effet, les apprenants profitent d’une expérience d’apprentissage plus intéressante en ayant des retours de leurs pairs et en profitant de questionnaires interactifs. Un procédé qui améliore considérablement le transfert de connaissances et les performances des étudiants. L’interaction est au centre de l’apprentissage que ce soit dans l’univers réel ou virtuel.

 

3. La science cognitive est au cœur de la relation étudiant-professeur

 

L’échange de connaissance entre étudiant et professeur entre dans le cadre d’une relation quasi symbiotique. Et en vue de s’assurer de l’engagement actif des deux, il convient de poser des questions. Le dialogue interactif contribue grandement à l’amélioration de la rétention de l’information et des connaissances. En plus de l’accroissement du degré d’engagement du professeur comme le démontrent plusieurs études scientifiques. Il faut dire que l’engagement du professeur entraine l’engagement de l’élève.

 

L’amélioration de l’engagement par le biais des questions

 

Tout enseignant inclut des questions dans son processus d’enseignement c’est l’un des outils qui lui permettent d’échanger et de s’assurer de l’assimilation de l’information. L’impact d’un tel procédé est énorme et plus important que ce qu’on peut croire. En posant des questions, on peut booster l’activité cérébrale et donc l’engagement aussi bien du formateur que de l’apprenant, ce qui a été prouvé par des recherches neuroscientifiques.

Les chercheurs ont également démontré que le dialogue entre l’étudiant et l’enseignant permet de booster le transfert des connaissances et une meilleure assimilation du sujet. Ce fait a été démontré par une étude connue sous le nom de The Cognitive Neuroscience of the Teacher-Student Interaction et qui a été menée par Antonio Battro et son équipe, qui cherchaient à découvrir le fonctionnement du cerveau des enseignants pendant le processus d’enseignement. Le but est de reconceptualiser la façon dont est défini le processus d’enseignement de nos jours.

 

Au cours de l’étude, les participants soit 17 groupes de deux personnes chacun, ont procédé à la lecture d’un dialogue éducationnel, qui consistait à poser des questions par un enseignant à un étudiant. Les chercheurs ont employé une technologie similaire à des infrarouges qui sert à évaluer l’activité cérébrale. Ils ont constaté que cette dernière dépasse la moyenne au cours de la discussion, aussi bien chez l’enseignant que chez l’étudiant.  De même la baisse de l’activité cérébrale chez l’étudiant s’accompagne d’un fait similaire chez le professeur.

 

L’activité cérébrale est grandement boostée à chaque fois que des questions sont posées aux étudiants.  Il va de même pour l’étudiant lorsque l’enseignant s’engage dans l’échange. Dès lors les enseignants qui engagent des conversations actives avec leurs étudiants font preuve de plus d’efficacité car ils ressentent une plus grande motivation.

 

Cette approche présente de nombreuses retombées positives. En effet, l’apprenant assimile et retient mieux l’information, en plus de l’amélioration du contenu enseigné grâce aux discussions et aux retours ayant lieu pendant le cours. En définitive, poser des questions rend le processus d’apprentissage plus pertinent et efficace, en plus de l’engagement de l’enseignant, qui se répercute favorablement sur l’apprenant.

 

La matérialisation de l’engagement des enseignants

 

L’engagement d’un enseignant fait de lui un meilleur formateur. Ce qui peut être expliqué par le fait qu’il se sente plus intéressé et plus connecté à sa tâche et dès lors il se dépasse pour le faire de la meilleure façon possible avec plus d’engagement et de passion. Et pourtant, peu d’articles soulignent le rôle important de l’engagement de l’enseignant.  C’est ce qui explique qu’il n’existe que peu d’informations sur le sujet de l’interaction apprenant-formateur et que les conseils sur la meilleure démarche à suivre en matière de formation sont souvent abstraits.

 

La présente étude a permis de combler ce vide pour fournir des renseignements concrets, en démontrant la corrélation directe entre l’engagement de l’enseignant et celui de l’étudiant. Ceci dit, il faut savoir comment mettre en application le rôle de l’enseignant et rendre son engagement plus perceptible.

 

Il devient évident que l’enseignement actif est plus pertinent que le passif, en plus du rôle imminent des neurones miroirs dans le processus d’apprentissage à travers l’interaction avec autrui. L’incorporation de différentes formes d’apprentissage actif et d’interactions humaines, assure l’amélioration de l’engagement des formateurs. La clé réside dans les questions posées qui permettent l’accroissement de l’engagement de l’enseignant et l’amélioration nette de la stratégie de formation.

 

L’amélioration de l’engagement des professeurs dans les cours en ligne

 

Les neurosciences confirment l’efficacité des questions et des feedbacks dans l’engagement des formateurs. Mais la réussite de cette démarche ne peut être possible qu’à travers l’implémentation des interactions humaines pendant le cours. D’où la nécessité d’intégrer les questions dans le parcours de formation en ligne. Ce qui implique également la nécessité de prévoir des conversations ouvertes, du dialogue, de la collaboration et du partage des connaissances lors de l’enseignement en ligne.

L’amélioration de l’engagement des étudiants est corrélée à celui des enseignants, c’est pourquoi il devient impératif de mettre en place un environnement favorable à l’habileté, à la stimulation et à l’engagement du formateur. Il va sans dire que  les professeurs apprennent d’une meilleure façon avec plus de motivation et un plus grand engagement dans les interactions humaines. Ceci se passe impérativement par le biais des questions qui est un jeu impliquant deux parties.

 

4. La révolution du rôle du professeur par la théorie des réseaux de grands-mères de Sugata Mitra

 

Plusieurs doutent encore de l’efficacité de la formation en ligne par rapport à la présentielle. Or les études expérimentales réalisées par le chercheur Sugata Mitra prouvent que l’enseignement à distance peut se révéler plus efficace, s’il est mené par un bon enseignant.

 

Il paraît que la posture du professeur dans sa vision traditionnelle est associée à celle du maître de conférences, soit une personne face à une classe. Dès lors, le formateur se charge de l’éducation de ceux qui ne détiennent pas l’information ou le savoir, en utilisant un discours où il est le seul intervenant.

 

De nos jours une telle posture est dépassée et l’enseignant adopte plus une posture de curation dans ses échanges, en veillant à faciliter et à nourrir les discussions et les interactions humaines sur un sujet. Et c’est ce qui fait que ce type d’enseignement se révèle plus efficace pour l’amélioration de l’engagement des étudiants.

 

Une théorie révolutionnaire

 

L’apprentissage est un must pour l’évolution et le développement de l’être humain.  Mais on peut se demander s’il s’agit d’un instinct assez puissant pour pousser des étudiants à se mettre à l’apprentissage en toute autonomie, sur un sujet difficile et dans une langue étrangère. Un scénario qui peut paraître irréaliste et pourtant  il a eu lieu lors d’une expérimentation menée par le chercheur Sugata Mitra.

 

C’est le fondateur de la recherche éducationnelle du XXIème siècle, qui présent » à travers ses recherches et ses travaux des visions révolutionnaires au sujet de l’apprentissage. Parmi ses études les plus réputées on trouve « Hole in the Wall » et « Granny Cloud » qui sont deux expérimentations parmi les plus imminentes au cours de la dernière décennie.  Les résultats de ces études ont intéressé non seulement les éducateurs, mais aussi les scientifiques, les comportementalistes et les psychologues à l’échelle internationale.

Le chercheur a souligné le rôle des interactions humaines qui permettent aux étudiants de profiter de l’apprentissage sans grand effort à l’aide de la technologie. Il met au défi la difficulté de la transmission des connaissances. D’ailleurs son travail était principalement dédié à la proposition d’opportunités d’éducation aux étudiants vivant dans des zones reculées ou rurales dans le monde.

 

Ses recherches n’ont fait que confirmer la possibilité d’apprendre à distance, en soulignant l’efficacité de la démarche  qui génère une compréhension durable du sujet. Deux expériences permettent de démontrer que la combinaison de la technologie et des interactions humaines sont susceptibles de révolutionner l’apprentissage en ligne.

 

 

L’efficacité de l’apprentissage en ligne

 

Le professeur Mitra dans son étude Hole in the Wall, a placé plusieurs ordinateurs connectés à internet dans plusieurs zones rurales de par le monde. Les enfants de ces régions ont commencé à les manipuler et ils ont appris par eux-mêmes à le faire au bout de quelques heures seulement. Les enfants ont été filmés par les chercheurs, alors qu’ils chantaient, envoyaient des mails ou jouaient sur des sites qu’ils ont découverts eux-mêmes. Le plus marquant est que les réglages des ordinateurs étaient en anglais, une langue qu’ils ne parlaient pas.

 

L’expérimentation a démontré la capacité des apprenants à assimiler les données  même dans des conditions difficiles.  Le professeur a testé les limites de ce constat et l’expérimentation menée a abouti sur des résultats impressionnants.

 

  • Le professeur s’est fixé un but difficile à atteindre, à savoir si les enfants âgés de 12 ans qui ne parlent que le tamil dans un petit village de l’Inde sont aptes à apprendre la biotechnologie en anglais.  Mitra croyait que cet essai va échouer, en déclarant que les enfants auront zéro et que même s’il leur fournit des éléments supplémentaires, ils auront encore un zéro. Avec de tels résultats prévus, le professeur pensait qu’il faut toujours recourir à des enseignants pour expliquer certains points.

 

  • Le professeur a rencontré 26 enfants pour leur expliquer que l’ordinateur comprenait des choses difficiles et qu’il serait possible qu’ils ne comprennent pas les informations. Il leur a précisé que c’était en anglais, puis il les a quittés en leur souhaitant bonne chance.

 

  • Après deux mois le professeur a rencontré à nouveau les enfants pour vérifier les résultats obtenus et qui ont passé de 0 à 30% ce qui est impressionnant au regard des circonstances.

 

  • Le chercheur a constaté que les enfants ont  pu apprendre les complexités du fonctionnement de l’ADN et des maladies génétiques. Certains bambins se sont auto-désignés comme des formateurs qui assistent les autres dans le processus d’apprentissage.

 

L’expérience a démontré que les apprenants peuvent apprendre plus de choses par eux-mêmes en leur faisant confiance.  Le rôle de l’enseignant a plus de poids lorsqu’il est perçu comme facilitateur et non pas comme professeur.

 

Les enseignants sont amenés parfois à assurer une formation ou un cours sur un sujet qu’ils ne maitrisent pas, or ce n’est pas une mauvaise chose.  Dans le cadre d’une entreprise, les experts internes ont beaucoup de valeur étant donné qu’ils détiennent un savoir-faire et des connaissances convoités. En ce qui concerne l’e-learning, la formation peut être assurée par des formateurs qui n’ont qu’une connaissance superficielle, et pourtant elle peut être efficace. Car la réussite de l’apprentissage dépend du niveau de l’engagement des apprenants qui doivent recevoir de l’inspiration et des encouragements. Et ce indépendamment du savoir et des connaissances du formateur.

 

Les retombées de l’encouragement et de la stimulation de la discussion

 

Les humains se caractérisent par les émotions qu’ils ressentent. Des psychologues pensent que toutes les décisions prises sont associées à des émotions. Ceci peut être expliqué par le fait que tout un chacun veut se sentir valorisé et important. C’est pourquoi les émotions ressenties peuvent pousser une personne à se dépasser et à accomplir des choses importantes. Qu’arrive-t-il si on combine les émotions et l’apprentissage ?

 

D’après Sugata Mitra, l’amélioration des résultats des étudiants passe indubitablement par l’encouragement et la facilité des échanges. Le professeur a réalisé une deuxième étude sur un nouveau groupe d’élèves en biotechnologie. Dans la première étude les scores sont passés de 0 à 30%, l’évolution est certaine mais elle ne permet pas de réussir l’examen. Pour la deuxième expérience le professeur a sollicité l’aide d’une jeune fille qui est amie du groupe et avec qui elle joue au foot.

Il lui a demandé de leur apprendre un certain nombre de choses en biotechnologie. La fillette ne savait pas comment s’y prendre car elle ne connaissait pas le sujet. Alors le professeur lui a demandé de suivre la méthode de la grand-mère en admirant ce qu’ils faisaient et  en leur demandant comment ils ont fait, s’ils pouvaient refaire telle ou telle chose ou s’ils pouvaient montrer les choses qu’ils savent faire.

 

La fillette a suivi les conseils du professeur pendant deux mois. Au bout de ce  laps de temps, le chercheur a observé une augmentation des scores à 50%. Ce qui correspond aux résultats obtenus dans les écoles de New Delhi, où les élèves recevaient des cours de professeurs spécialisés dans la biotechnologie. Les 50% réalisés ne sont pas dus uniquement à la motivation en leur posant des questions pertinentes. Il faut dire que les êtres humains ont un désir naturel d’apprendre, mais l’engagement des apprenants est surtout associé à l’inspiration par le contenu à apprendre.

 

La dynamique de l’apprentissage est soutenue par les interactions humaines, ce qui assure la réussite des étudiants. Ce qui promet d’influencer grandement la formation pour atteindre les objectifs visés. Et c’est ce qui a abouti à la réussite scientifique de Mitra à travers The Granny Cloud.

 

A propos The Granny Cloud

 

Le professeur Mitra a essayé d’évaluer les limites de l’apprentissage en ligne. Il voulait déterminer le rôle des interactions humaines dans ce processus. Mitra a lancé une école en ligne, dont les enseignants sont des grands-mères anglaises. Ces dames réservent une heure par semaine pour les étudiants se trouvant dans des zones rurales du pays. Elles avaient pour mission d’encourager les apprenants par l’admiration de leur réussite et la fierté du travail.

 

Evidemment, les grands-mères méconnaissent le contenu enseigné, mais elles se sont révélées efficaces dans l’encouragement et la stimulation des étudiants à travers la conversation et non pas par l’enseignement. Le succès de cette méthode est dû à l’émotion qui est une caractéristique humaine et qui est un puissant levier de motivation. Le renforcement positif a prouvé son rôle dans la stimulation de certains comportements.

 

L’atteinte des résultats est conditionnée par l’apprentissage actif et les interactions humaines. En effet, les apprenants auront du mal à réaliser de bons résultats avec les cours en ligne, en l’absence des interactions humaines et en la présence d’une posture passive. L’étude menée par Mitra se basait sur une démarche menée à distance, mais en s’appuyant sur des interactions humaines en ligne. Ce qui a permis de démontrer l’efficacité de l’apprentissage en ligne et par ricochet la pertinence de l’e-learning qui doit faire partie intégrante de la stratégie de formation.

 

Les études de Mitra et de  son équipe sont prometteuses mais est-ce que ce mode d’apprentissage peut fonctionner sur le long terme ? Et on peut  se demander sur l’efficacité de la rétention de l’information. A ce qui paraît et conformément aux études menées par le professeur, le dispositif est pertinent. Il a mené une étude sur des étudiants pour une durée de deux mois, après la première expérience et il a découvert que les résultats sont similaires et pour certains les scores sont en amélioration. Ceci est dû aux conversations et discussions engagées entre les différents apprenants pendant les cours et qui permettent de mieux retenir l’information et à mémoriser les connaissances acquises.

 

D’un autre côté, les souvenirs associés aux interactions humaines avec autrui marquent fortement les esprits que ce qu’on apprend de la lecture simple d’un cours. L’apprentissage actif et social permet d’aboutir sur un apprentissage émotionnel. Or la zone du cerveau responsable des émotions soit l’amygdale, est la même qui est responsable des souvenirs.

C’est la raison pour laquelle on se rappelle plus aisément des évènements avec une forte charge émotionnelle. Les gens qui seront émus ou choqués par l’expérience The Granny Cloud vont s’en souvenir. Les apprenants quant à eux peuvent être fiers de leur engagement et ils prennent conscience de leur importance surtout lorsqu’ils arrivent aux bonnes réponses. Ce qui génère une réponse émotionnelle positive et renforce les souvenirs liés à cet exploit.

 

La discussion entamée entre les enfants eux-mêmes et avec les enseignants en ligne, leur permet de constituer des souvenirs visuels. Grâce à cette mémoire photographique, ils peuvent se souvenir des réponses correctes.

 

Ce procédé d’apprentissage s’est révélé très instructif et une vraie réussite et ce grâce aux interactions humaines qui sont d’une grande importance. Pour le professeur Sugra Mitra, l’éducation est un système qui s’auto-organise, marqué par l’émergence du phénomène d’apprentissage.

 

Dès lors, ce dernier peut être considéré comme le résultat d’une alliance des humains dans le but d’assurer leur évolution commune. Dans une telle perspective, l’enseignant joue le rôle de guide qui contribue à la stimulation du processus d’apprentissage.  L’avenir de ce processus est conditionné par l’appréhension et la compréhension de ce phénomène. 

C’est pourquoi l’enseignant doit être impliqué de manière active pour engager ses apprenants. Les études réalisées par Sugra Mitra ont démontré l’importance des interactions humaines dans l’apprentissage en ligne. C’est une source d’inspiration pour les spécialistes de la formation professionnelle pour la réussite de leurs stratégies de formation.

 

Pour conclure, il faut convenir que les recherches scientifiques, doublées de la technologie, permettent de nos jours de prévoir des études innovantes en matière d’éducation, surtout avec l’abondance des renseignements disponibles sur le fonctionnement du cerveau humain.

 

L’évolution des sociétés modernes impose de nouvelles formes d’éducation. Les salles de classe habituelles et les horaires fixes sont dépassés,  pour être substitués par des environnements d’apprentissages plus souples, fondés sur le blended learning. Les limites physiques et temporelles sont franchies, ce qui requiert l’adaptation des spécialistes de la formation professionnelle. De nouvelles opportunités se pointent grâce à l’innovation, ce qui nécessite que les formateurs encouragent la curation des conversations, en misant sur l’apprentissage à distance et en favorisant l’interaction permanente des apprenants.

 

Le formateur jouera un rôle imminent et plus passionnant, en s’affranchissant de l’administratif et en s’impliquant plus dans les interactions directes dans le processus d’apprentissage, ce qui promet une hausse des taux d’engagement. Une démarche qui va permettre au formateur de devenir un animateur de communauté.

On n’aura plus besoin d’un formateur par sujet, qui maîtrise parfaitement le dit sujet. Le relai est assuré par les experts de l’organisation, ce qui va réduire significativement les coûts de formation. Il convient de rappeler que l’éducation représente la réponse à tous les grands problèmes sociétaux.

Les interactions humaines favorisent l’apprentissage, et les échanges entre apprenants et formateurs et qui doivent se dérouler en toute fluidité. D’où la nécessité de l’implémentation des interactions humaines intelligentes dans la stratégie de formation.