Parcours de reconversion professionnelle

Parcours de reconversion professionnelle
La reconversion professionnelle représente souvent une réelle prise de risques, pourtant un nombre grandissant d’adultes tentent leur chance. Deux personnes qui ont le sentiment d’avoir redonné du sens à leur vie professionnelle après avoir sauté le pas nous livrent leur expérience.
 
Être en mesure de se reconvertir professionnellement est devenu un atout, voire une injonction. La prise de risque, la mobilité et la libre disposition de soi sont des comportements actuellement fortement encouragés par les entreprises. La sociologue Catherine Negroni souligne que ces discours sont le résultat d’un renversement important des valeurs de notre société :
 

 

“Dans le passage des années 1950 à 1960, se produit une modification des rapports de travail, notamment du fait de l’expansion de la sphère privée, initiée en partie par l’industrie de la culture et du loisir, par la psychologisation de la société. L’opportunité de se forger soi-même les conditions de sa propre existence devient une exigence.” (Negroni, 2007, p.11)
 
Actuellement, le projet de vie des individus est davantage centré sur la réalisation de soi et la construction d’une identité professionnelle. De plus, la crise de l’emploi a provoqué une diminution de confiance dans les relations contractuelles entre les employeurs et salariés. La mobilité professionnelle devient alors un moyen d’être plus performant et adaptable sur le marché du travail.
 
La reconversion professionnelle peut être définie comme un changement volontaire d’activité, de secteur ou de profession. Plusieurs critères permettant de délimiter la notion de reconversion volontaire : un désir de changement et une volonté de rompre avec une situation d’emploi, une reconversion qui intervient au minimum de quatre ans d’ancienneté ainsi qu’une situation choisie ou anticipée.
 
La situation de reconversion professionnelle constitue un moment clef entre un passé et un futur dans la trajectoire d’un individu. Les reconversions professionnelles sont souvent le fruit de diverses causalités : projet, crise, choix, événement extérieur. Deux femmes, Isabelle et Anissa, nous livrent leurs témoignages sur les différentes étapes qui ont rythmé leur réorientation professionnelle : de leur insertion professionnelle initiale, aux moments de doute, jusqu’à la prise de décision et le réengagement dans un domaine différent.
 

Le rôle de la famille dans l’orientation professionnelle

 
En amont d’une carrière professionnelle, il y a toujours une orientation. Parfois volontaire, l’orientation d’un individu vers le domaine pour lequel il ressent un attrait particulier est parfois empêchée. Le sociologue français Vincent de Gaulejac met en avant la place prépondérante du projet parental dans l’orientation scolaire et professionnelle de l’adulte en devenir.
 
Isabelle a 45 ans, elle est divorcée et elle a deux enfants. Depuis sa plus tendre enfance, elle a toujours été une bonne élève. Son choix d’études n’est cependant pas celui qu’elle aurait souhaité. C’est le domaine de l’éducation qui l’intéresse : “Je crois que j’ai découvert petit à petit que j’aimais beaucoup apprendre et transmettre ce que j’avais appris. J’ai toujours apprécié les relations interpersonnelles, j’ai toujours été la personne qui aime expliquer les choses à tout le monde. Et ça, depuis toute petite.”
 
Pourtant, elle suit une formation universitaire et obtient un diplôme d’ingénieure en informatique. Dans le cas d’Isabelle, son choix d’études semble influencé par une identification à son père. Elle décrit avoir souhaité le rendre fier d’elle: “Je ne vais pas dire qu’il m’a forcée à me lancer dans le domaine, mais mon père était ingénieur et quand j’ai manifesté de l’intérêt pour l’informatique, il m’a bien poussée. Il voulait que je réussisse dans la vie et il me disait souvent que c’était un métier d’avenir, qu’il y aurait toujours des débouchés”.
 
Dans le cas de d’Anissa, 35 ans, mariée sans enfant, son orientation a été fortement influencée par ses parents. “Je n’ai pas vraiment eu le choix, mes parents m’ont mis la pression pour que je gagne rapidement ma vie, en faisant un apprentissage. Moi j’avais toujours rêvé de travailler dans le domaine des soins. Petite, je me voyais déjà médecin. J’ai finalement choisi de faire un apprentissage en restauration. C’est dans ce domaine que j’ai travaillé pendant plus de 10 ans en tant qu’employée polyvalente.”
 

Le désengagement et la remise en cause

 
Catherine Negroni définit le désengagement au travail comme un “passage d’une insatisfaction plurielle à une souffrance qui ouvre à une action”. Isabelle décrit l’émergence d’un sentiment de mal-être après plusieurs années à travailler en tant qu’analyste programmeur pour une entreprise privée : “Je pense que j’avais le sentiment que quelque chose me manquait pour être vraiment satisfaite, je commençais à ressentir une angoisse à l’idée de me dire que c’était ainsi, ma vie était tracée. Je n’arrivais plus vraiment à trouver de l’intérêt pour tout ce que je faisais au travail, c’était devenu lourd et répétitif. Même si le salaire était bon, ça ne suffit pas !”
 
Cette phase de désengagement est typique dans les parcours de réorientation : la situation professionnelle actuelle est ressentie comme insatisfaisante. Cette insatisfaction peut être mise en lien avec plusieurs facteurs : un manque de reconnaissance, des conditions salariales peu attrayantes, des horaires de travail morcelés, une trop grande pression au travail, une absence de perspective ou encore une dégradation du climat relationnel.
 
Après plus de sept ans à travailler pour une grande chaîne de restaurants, Anissa est marquée par une ambiance de travail qui se dégrade avec le temps : “Il n’y avait aucun respect de la hiérarchie pour le travail qu’on faisait, ça créait des tensions avec mes collègues. Je ne pouvais pas me résigner à l’idée que c’était comme ça, que je ne pouvais rien faire pour changer ma vie. En plus, les horaires étaient vraiment difficiles pour un salaire très bas.”
 

La prise de décision

 
Des événements déclencheurs peuvent amener l’individu à sortir d’une phase de remise en cause du travail pour l’amener dans un temps de développement de projet. L’événement marquant entre en collision avec la biographie d’un individu de manière inévitable. Ces événements vont permettre à l’adulte de justifier leur prise de risque qu’est la reconversion professionnelle. Dans le cas d’Isabelle, son divorce douloureux la pousse alors à souhaiter se désinvestir de la sphère familiale pour se recentrer sur la sphère professionnelle : “Oui, j’étais en procédure de divorce après plus de 16 ans de mariage. C’était difficile, ça a chamboulé beaucoup de choses. C’est peut-être bête, mais je crois que ça a bien aidé à changer de vie. J’étais libre. Mes enfants étaient grands, je n’avais plus besoin d’être autant là pour eux qu’auparavant. C’était le moment d’enfin faire ce que je voulais depuis longtemps : de la formation.”
 
Pour Anissa, c’est une rencontre qui va jouer un rôle capital dans sa reconversion professionnelle : “J’étais déjà pas très bien et un jour, invitée chez des amis, il y a une femme de mon âge, vraiment sympa que je ne connais pas. On s’entend super bien et on décide de se revoir quelques semaines plus tard. Elle me parle de son boulot d’infirmière et là, ça m’apparaît super clair. Je ressens comme une illumination : j’ai envie de faire la même chose. En sortant de là, l’idée grandit de plus en plus jusqu’à ce que je prenne la décision de suivre une formation d’infirmière dans une haute école. J’en ai parlé à mon mari qui m’a soutenue financièrement dans le projet. Il a fallu deux ans pour qu’on économise assez d’argent pour que je puisse même imaginer l’idée de me former.”
 
Le soutien de l’entourage joue un rôle précieux dans la démarche de reconversion professionnelle. Isabelle évoque le besoin qu’elle a ressenti d’être certaine que sa famille était derrière elle, à la soutenir, pour ne pas avoir le sentiment de “faire une bêtise”. Lorsqu’elle décide d’entrer en formation de formatrice d’adultes, son entourage lui propose également un important soutien financier.
 

Le réengagement

 
La plupart des reconversions ont un temps de formation. Dans le cas d’Isabelle, la formation est vécue comme une expérience positive, il s’agit d’un moment qui lui permet de se renouveler et d’apprendre : “J’étais très motivée par ma formation de formatrice d’adultes. Même si je savais dès le départ qu’il y aurait du boulot à fournir et que je devrais passer beaucoup de temps derrière mes livres, je savais que ça en vaudrait la peine à la fin”.
 
Anissa fait part d’une expérience très positive : “Je n’ai jamais pensé que j’étais capable de reprendre cette formation d’infirmière, que j’en avais les ressources. Mais pourtant, j’ai très vite réalisé que j’avais fait le bon choix, j’ai pris du plaisir à apprendre et à relever un défi. Je ne pouvais pas rater non plus. La plupart des femmes qui étaient avec moi était plus jeunes, j’avais la sensation de devoir réussir du premier coup. »
 
A l’issue de sa formation, Isabelle saisit une opportunité et rejoint une équipe de formateurs informatiques dans une entreprise romande. Elle y travaille depuis maintenant 3 ans à temps partiel. Quant à Anissa, elle a terminé ses études il y a moins d’une année et elle commence son nouvel emploi en tant qu’infirmière dans une clinique privée dans quelques semaines.
 
Lorsqu’on leur demande ce qu’elles pensent de leur choix, leurs réponses sont bien similaires. La reconversion représente une possibilité d’apporter du sens à leur vie professionnelle. Pour Anissa, la reconversion est un nouveau départ et la possibilité de construire une nouvelle identité plus valorisée. Elle décrit avoir le sentiment d’être enfin en accord avec ces aspirations. Quant à Isabelle, elle n’a aucun regret : “Je referais tout pareil, c’est pas facile tous les jours mais qu’est-ce que je suis contente de ma décision, j’ai fini de porter un masque!”
 

Une formation à portée de tous

 
Conscient des enjeux que peuvent représenter le début d’une formation, nous proposons à l’institut BetterStudy un entretien téléphonique avec un de nos experts-formateurs pour un conseil d’orientation personnalisé. L’objectif est bien entendu de présenter notre institut et son cours de comptabilité en ligne ainsi que de répondre aux questions des potentiels apprenants qui contactent notre institut. Mais, c’est aussi l’occasion pour notre équipe pédagogique d’en savoir plus sur le parcours d’études et professionnel de notre futur apprenant.
 
L’idée est de comprendre leur projet professionnel et d’identifier s’il est réalisable et cohérent. Enfin, nous déterminons si BetterStudy est le bon partenaire pour accompagner ces adultes qui souhaitent se former à la finance et la comptabilité suisse dans le développement de leurs compétences à travers nos formations comptables. En définitive, notre optique est que ces personnes puissent trouver un emploi dans la comptabilité sur le marché du travail en Suisse romande.
 
Afin d’offrir l’opportunité à un maximum de personnes de se former à la comptabilité, l’institut BetterStudy suit une politique de prix très compétitive. De plus, de nombreux contenus pédagogiques sont mis gratuitement à disposition à tous.
 
 
 
Anaïs Burkhardt
Responsable de projet chez BetterStudy
Bachelor en Sciences de l’éducation – Unige
Candidate au Master en Formation des Adultes – Unige
 
 

Sources

 
Catherine Negroni, 2005, La reconversion professionnelle volontaire : d’une bifurcation professionnelle à une bifurcation biographique, Armand Colin.
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