La main invisible d’Adam Smith

La main invisible d’Adam Smith

Les travaux et les théories des économistes des siècles passés restent toujours d’actualité. D’ailleurs les deux auteurs Chavagneux et Martinache ont publié un livre intitulé « Vive l’Etat ! », qui reprend des extraits des textes d’Adam Smith. Pour ceux qui ne le connaissent peut-être pas, Adam Smith est un auteur écossais du XVIII dont les œuvres sont enseignées aux étudiants d’économie, notamment sa théorie de la main invisible.

Cette thèse stipule que les individus se mettent en quête de leurs intérêts personnels. A travers cette quête, ils participent à l’intérêt général. Une telle idée constitue un principe de base dans la société contemporaine qui se caractérise par l’émergence de l’individualisme. Un principe qu’on trouve dans l’ouvrage « Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations » paru en 1776.  D’ailleurs, l’un des passages les plus cités précise que :

« Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien de leur propre intérêt. Nous nous adressons non pas à leur humanité mais à leur amour-propre. » 

Ses théories et ses thèses avant-gardistes ont fait d’Adam Smith, le fondateur de l’économie classique et de la pensée libérale. Ces idées représentent des références et sont citées comme arguments pour réfuter l’intervention de l’Etat dans le domaine économique. Adam Smith considère que l’Etat est la source de plusieurs distorsions entravant la concurrence et la libre circulation des facteurs de production. 

Dans l’un de ses extraits, Adam Smith précise:

« Mais la politique de l’Europe, en ne laissant pas les choses en parfaite liberté, occasionne d’autres inégalités beaucoup plus importantes. Elle le fait principalement des trois manières suivantes: 

Premièrement, en limitant la concurrence dans certains emplois à un nombre inférieur à celui qui serait autrement disposé à les exercer. 

Deuxièmement, en l’augmentant chez d’autres au-delà de ce qu’il serait naturellement possible.

Et troisièmement, en entravant la libre circulation de la main-d’œuvre et des ressources, d’un emploi à l’autre et d’un lieu à l’autre. » 

Les deux auteurs Chavagneux et Martinache n’ont pas fait que reprendre des passages des œuvres de l’auteur, mais ils dévoilent un aspect différent d’Adam Smith qui n’est pas aussi libéral qu’on peut le penser. 

La pensée smithienne accorde une place importante à l’Etat mais loin de l’Etat providence ou soucieux des intérêts de tout un chacun. D’après Adam Smith, l’Etat doit jouer un rôle notamment dans les domaines de la défense, la justice et la police. Comme il définit les droits à l’instar de celui de propriété et ceux favorisant l’émergence du marché. Il veille au respect des règles de la concurrence et protège les propriétés et les biens des gens. En d’autres termes, il est au service des propriétaires du capital qui paient des impôts servant au financement de l’enseignement et l’éducation de la population.