L’avenir de la formation professionnelle entre réforme et numérisation

L’avenir de la formation professionnelle entre réforme et numérisation

Les nouvelles générations doivent faire face à un réel dilemme, surtout que les deux tiers d’entre eux doivent exercer des métiers qui n’existent pas encore. Un contexte évolutif qui fait planer beaucoup de doutes sur la façon d’assurer la formation de ces étudiants. L’aspect pédagogie, méthodologie de formation et contenu d’enseignement sont autant d’éléments challengeants. Sans omettre la digitalisation qui s’impose de plus en plus dans les divers établissements et les diverses spécialités. C’est pourquoi des étudiants de l’IGS-RH ont entrepris une enquête auprès des chargés de formation et de salariés pour mieux sonder l’avenir de la formation entre réforme et numérisation.

De nombreux facteurs affectent la compétitivité des entreprises, à commencer par la concurrence des pays émergents, l’automatisation, la variation des places financières, mais aussi l’employabilité. Dans l’hexagone, les responsables de la formation professionnelle essaient d’apporter les ajustements et les réformes nécessaires en vue de faire des salariés des acteurs actifs de leurs propres carrières. Les efforts sont faits avec pour vision de booster la compétitivité des structures et la progression des employés à travers le levier de la réforme de la formation professionnelle. Les résultats de l’enquête ont révélé que les personnes sondées connaissent le CPF à hauteur de 93%, mais seule la moitié a créé un compte sur Moncompteformation.fr, alors que 4% seulement l’ont réellement utilisé. D’un autre côté, 46% ont respecté les délais impartis pour passer l’entretien professionnel, mais malheureusement un tiers des personnes sondées le confondent avec l’entretien annuel et pensent qu’il existait avant la réforme, ce qui souligne le manque de communication de l’information.

Une digitalisation très coûteuse de la formation

Le digital est devenu un élément incontournable dans l’univers de l’entreprise, mais il doit tenir compte de sa taille, sa culture, ses besoins réels et évidemment ses moyens financiers. On ne peut nier que le passage au numérique nécessite un budget assez élevé, mais il s’avère plus économique sur le long terme avec une réduction significative des coûts de formation. En effet en combinant le présentiel avec la digitalisation, les entreprises peuvent conquérir des vrais talents et compétences, ce qui constitue une réelle plus-value pour toute structure.

D’un autre côté le recours à l’e-learning permet de consolider les acquis cumulés en présentiel, en plus de rester toujours à jour pour connaître les dernières nouveautés. D’où l’intérêt de garantir un réel accompagnement des employés vers le digital tout en valorisant les autres modes d’apprentissage.

Les métiers liés à la formation sont-ils en danger ?

Au sein des entreprises, le responsable formation est souvent perçu comme une personne de trop, même s’il joue un rôle stratégique dans leur développement. Et de plus en plus de personnes commencent à craindre pour cette fonction. Les responsables de formation sentent que leur métier est menacé mais ils n’hésitent pas à pleinement s’engager dans les différentes missions dont ils ont la charge. L’insécurité ressentie s’explique par l’absence de toute intégration de cette fonction dans la stratégie des entreprises, en plus du manque de l’usage efficace de cette fonction pour relever les défis des structures en matière de formation.

L’enquête menée a mis l’accent sur la nécessité de procéder à un recensement des besoins internes des entreprises en matière de compétences requises, notamment celles relatives au digital. Elle met également l’accent sur le besoin d’intégration de la fonction formation dans la stratégie de chaque structure. Le département des ressources humaines doit également jouer un rôle majeur pour assurer un bon accompagnement vers la digitalisation en travaillant plus sur la communication interne avec la collaboration des différents managers et chefs de service.