Genève : les 4 piliers de son économie

Genève : les 4 piliers de son économie

Les facteurs de succès du canton de Genève se trouvent ébranlés avec le vote du 9 février 2019 et l’impact du franc fort. Pour dépasser cette situation le canton mise sur ses atouts notamment les quatre secteurs d’activité qui constituent les piliers de son économie.

Le canton de Genève a été grandement affecté par la cherté du franc, la politique contre l’immigration de masse et la refonte fiscale portant sur l’impôt sur les sociétés (RIE III). La région rassemble quelque 35 000 sociétés qui sont dans le doute concernant leur avenir, au moment où les autorités publiques se disent confiantes, grâce notamment à la stratégie économique cantonale mise en place. Blaise Matthey, Directeur de la fédération des entreprises romandes Genève, précise que le plus important est de préserver la capacité d’ouverture.

Une feuille de route a été élaborée l’été dernier et qui doit constituer une base pour stimuler la croissance économique à l’horizon de 2030. Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la stratégie politique appliquée depuis 2012. La région genevoise a été très marquée après le départ de Merck Serono et le licenciement collectif de 1300 salarié(e)s. Une situation critique qui a nécessité une introspection profonde, surtout avec l’inquiétude sous-jacente concernant l’avenir de la biotech et l’ensemble du tissu économique du canton.

Les fondamentaux de l’économie genevoise

D’après Roland Rietschin, Directeur de l’office cantonal de la statistique, il existe quatre branches d’activité qui constituent les piliers de l’économie cantonale et ce conformément au PIB. Ces secteurs génèrent 70 % des richesses cantonales, réalisant une hausse de 3 % en comparaison avec les résultats d’il y a une vingtaine d’années. Le premier secteur en termes de richesse est le fonctionnariat qui se compose de l’enseignement et la formation, l’administration, la santé, le social, la culture, le sport, entre autres. Cette branche d’activité réalise pas moins de 11 milliards CHF de valeur ajoutée brute. Ce qui correspond à 22,2 % du produit intérieur brut du canton.

Le fonctionnariat a permis à l’économie genevoise de gagner 3% de croissance depuis 1997, ce qui contredit le discours officiel. En deuxième place on trouve le secteur du commerce de gros et de détail qui représente 20,7 % du PIB du canton, alors qu’il ne constituait que 15,6 % il y a 18 ans.

Ceci est dû essentiellement au négoce de matières premières, qui emploie plus de 8000 employé(e)s et dont les plus importantes enseignes sont Vitol, Total, Gunvor, Louis Dreyfus, Mercuria, Litasco, Bunge, Addax Petroleum et Cargill. Des entreprises qui dominent 22% de l’échange mondial des céréales, de sucre, de coton, entre autres matières. Quant au transit maritime, il est assuré par la société MSC. Le canton gère également le tiers du commerce mondial de pétrole. Autrement dit, c’est la locomotive  de croissance économique du canton de Genève. Dans le cadre du commerce de gros, la société Procter & Gamble compte quelque 2677 salariés en 2012 et dont les chiffres sont en baisse par rapport à ce qui est annoncé par la société au cours des deux dernières années.

Blaise Matthey souligne l’importance de se tourner vers l’avenir au lieu de se confiner dans le passé. Cependant, il est primordial de conserver et de renforcer les réalisations dont dépendent les emplois actuels.

La troisième branche est celle de la finance et des assurances, qui constitue 14,8% du PIB cantonal et qui emploie plus de 37 000 salariés dont près de 19 500 dans le domaine bancaire. Malheureusement les activités enregistrent une érosion de la richesse comme en atteste les chiffres de 1998 avec 6675 établissements générant 22,7% du PIB.

Le quatrième secteur englobe les services aux entreprises, la R&D et l’informatique et il réalise près de 7 milliards CHF, soit 13,1% du PIB, contre 11% il y a 18 ans. Cette branche d’activité enregistre une croissance supérieure à la valeur ajoutée de Genève entre 1998 et 2013. Au moment où le secteur banquier et financier n’a augmenté que de 1,2% au cours de la même période, ce qui équivaut à une croissance deux fois moindre que le PIB cantonal. Alors que la branche de commerce a progressé deux fois plus soit +4,9% par an, grâce notamment au segment du négoce.

Le caractère international de Genève

Ce qui distingue le canton de Genève est la forte présence du secteur de luxe. En effet il abrite 94 % les grandes marques de cette activité. En même temps Genève a une orientation internationale, étant donné que le canton dispose d’un écosystème vital. De nombreux acteurs sont présents sur le territoire et qui emploient quelque 28 000 personnes soit le dixième des emplois. C’est un secteur qui a un impact sur les autres segments productifs de la région. À ce propos le secteur public international à une part de 11% du PIB du canton et il génère quelque 22 000 emplois directs ou indirects. Différents secteurs dépendent de la Genève internationale, c’est le cas notamment de l’hôtellerie, la restauration et la vente de détail qui représentent 6300 établissements, employant près de 35 000 personnes.

Le territoire du bout du lac regroupe plusieurs multinationales avec un total de 931 sociétés, dont 177 suisses et 754 étrangères. Des structures qui offrent 76 000 emplois dont le quart dans le secteur bancaire. D’un autre côté les sociétés transfrontalières génèrent 38,4% de la valeur ajoutée de Genève.