Les facteurs de croissance

Les facteurs de croissance

La croissance économique est associée à la synergie de certains facteurs de production notamment le capital et le travail. La combinaison des deux permet de créer de la richesse et de la valeur. Plus l’association est optimisée, plus les résultats sont optimaux. On distingue généralement deux types de croissance, à savoir l’exclusive et l’inclusive. La première résulte d’un emploi massif des facteurs de production donc la quantité ou le volume ; au moment où la deuxième est liée à la hausse de la productivité des deux facteurs capital et travail.

L’impact du travail sur la croissance économique

Le travail est l’élément-clé dans la production et il joue un rôle imminent dans la croissance économique, mais tout dépend de son exploitation aux niveaux quantitatif et qualitatif.

En ce qui concerne la quantité du travail, elle est associée au nombre de la population active et évidemment les heures de travail consacrées à une activité donnée. Lorsqu’on parle de population active, il s’agit notamment de l’ensemble des personnes qui exercent ou qui cherchent à exercer une activité en contrepartie monétaire. L’évolution de la population active dépend de nombreux facteurs notamment démographiques, culturels, socio-économiques etc. D’un autre côté, les observateurs ont constaté un grand recul des heures travaillées au cours du siècle passé notamment à cause du développement technologique, juridique et socio-économique.

En ce qui concerne la qualité du travail, elle est dépendante des qualifications ou du niveau d’études et de formation des travailleurs. Mais aussi de la productivité qui résulte du rapport entre la quantité produite et celle du travail employé. En effet, plus la durée des études est longue, plus elle influence positivement la qualité de travail.

L’importance du capital dans la croissance

Lorsqu’on parle du facteur capital en économie, il s’agit en fait d’un bien produit en amont et qui entrera dans la production d’autres biens en aval. On peut répartir le capital en deux principales catégories à savoir : le capital technique réunissant tous les éléments employés dans la production des biens ou services. Il est composé du capital fixe constitué principalement des brevets, immobilisations, machineries, etc. ainsi que le capital circulant comme les stocks des matières premières et des produits finis. Tandis que le capital financier réunit l’ensemble des capitaux propres de l’entreprise qui servent au financement de l’activité de la structure y compris le capital technique même à titre partiel.

Tout accroissement dans le capital, génère une croissance du produit intérieur brut (PIB). A ce propos, l’accroissement du capital en termes de volume est généré par les investissements réalisés sur des biens durables dits matériels et même immatériels comme la formation, R&D, entre autres. Ces investissements servent à augmenter les capacités de production et peuvent provenir soit de l’épargne intérieure soit des capitaux étrangers.

Pour ce qui est de la qualité du capital, elle est associée à la productivité. Autrement dit, elle est le résultat du rapport entre la valeur ajoutée et le stock de capital fixe. L’efficacité et la productivité de chaque travailleur influencent significativement la croissance économique.

L’influence de la technologie sur la croissance économique 

Outre le capital et le travail, il existe un autre facteur qui impacte la croissance économique à savoir le progrès technique et technologique. Ce dernier élément se manifeste à travers l’émission de nouveaux produits, l’utilisation de nouveaux procédés de fabrication et de nouvelles méthodes organisationnelles (innovation sur les processus de production ou de distribution), de même que le développement de nouveaux marchés.

Les innovations techniques et technologiques influencent grandement l’économie. Par ailleurs le premier impact est perceptible à travers la disparition des structures qui n’arrivent pas à suivre le progrès technique. C’est ce que l’économiste Schumpeter appelle la destruction créatrice. L’innovation permet la création de produits et services à travers les entreprises qui créent donc de la richesse et de l’emploi grâce aux innovations apportées sur le marché. Mais cela détruit en même temps d’anciens marchés et des emplois plus demandés, car les compétences des employés sont rendues caduques.

D’un autre côté, les entreprises capables de s’adapter au nouveau contexte technologique et de marché peuvent gagner en puissance et en expansion. Il va de même pour les secteurs d’activité qui peuvent se développer ou entrer en phase de déclin à cause de l’avancement technologique.

L’histoire de l’économie mondiale a enregistré des phases désignées par la « destruction créatrice » et qui se manifestent à travers l’apparition cyclique d’innovations qui ont chamboulé le monde comme la création de la machine à vapeur, l’apparition des chemins de fer ou des voitures, de même que l’évolution IT avec la création des ordinateurs.

Au cours des années 80, les théoriciens considéraient le progrès technique comme le résultat de quatre types d’investissements. Le premier type est le capital physique qui influence directement la productivité. Le deuxième type est relatif à la recherche et développement garantissant l’acquisition des connaissances, du savoir-faire et des innovations cumulatives. Le troisième type est le capital humain dont la qualité de travail est dépendante de la formation, l’éducation et la santé. Et enfin il y a les infrastructures qui permettent de booster le rendement de l’investissement privé.

Ce sont des facteurs de croissance endogènes qui nécessitent l’intervention non seulement du secteur privé mais aussi de l’Etat. Le rôle du secteur public est important dans la mesure où l’Etat est  apte à créer l’environnement économique et institutionnel favorisant l’investissement, à réaliser les infrastructures publiques nécessaires aux investisseurs nationaux et internationaux, en plus de mettre en place les outils incitatifs qui stimulent la recherche et l’innovation.

Les autres facteurs de croissance

Les ressources naturelles, le climat de consommation, la paix sociale, la démographie et la gouvernance sont aussi des éléments qui ont vocation à stimuler la croissance. En effet, une population confiante dans l’avenir sera plus encline à consommer, ce qui permettra de créer de la richesse dans une économie. Si l’équité sociale est garantie ou favorisée, cela motivera chaque habitant à tenter sa chance pour capter une partie des richesses créées, par exemple en créant des entreprises. Toujours concernant la paix sociale, le niveau d’éducation permet une égalité des chances et de permettre à celles et ceux qui le souhaitent de faire carrière.

Cette dynamique débouchera certainement sur le taux de natalité et, avec une démographie en croissance, l’économie croîtra également. Ces éléments se renforcent donc entre eux. Cela va aussi attirer des investisseurs et des travailleurs qualifiés pour faire le lien avec les facteurs de croissance vus plus haut dans le texte.

Il y a toutefois des exceptions. En effet, tous les pays dotés de ressources naturelles abondantes (pétrole, cuivre, gaz, uranium, etc.) n’ont pas nécessairement un niveau de richesse élevé. Ou en tous les cas, les ressources ne sont pas distribuées équitablement au sein de la population, ce qui crée des tensions, voire débouche sur des conflits armés. C’est le cas de certains pays d’Afrique par exemple.

Pour assurer la redistribution des richesses, une politique fiscale adaptée est requise ainsi qu’un système social performant.

En définitive, la croissance d’une économie dépend plus de la capacité à identifier des opportunités d’affaires et combiner des facteurs de production (entrepreneuriat, capital humain et financier, progrès technologique et innovation), plutôt que le fait de posséder un des facteurs de production pris séparément comme une forte population (facteur démographique) ou des ressources naturelles. On le voit avec le cas de la Suisse par exemple, qui est un des pays les plus riches de la planète et qui ne possède quasiment aucune ressource naturelle.