Etude sur l’avenir des MOOCs

Etude sur l’avenir des MOOCs

LES FUTURS POSSIBLES DE COURSERA EN SUISSE ROMANDE À L’HORIZON 2030

Entre besoin d’interactions humaines et diversification des cours

Genève, le 8 janvier 2016 ABSTRACT

Cet article traite de l’avenir de la plateforme de formations en ligne Coursera. Celle-ci a été créée en 2012 par des professeurs de l’université de Stanford et compte aujourd’hui des établissements scolaires partenaires dans 28 pays. L’objectif de cette étude prospective est de déterminer les futurs possibles de Coursera en Suisse romande à l’horizon 2030 et de comprendre ainsi les facteurs qui pourraient influencer son développement ces prochaines années. La recherche a été menée sur la base de la méthodologie des roues du futur (Futures Wheel). Celle-ci consiste, au travers d’entretiens, de déterminer les conséquences multiples de facteurs ou tendances identifiés. Ainsi, les points de vue de quinze acteurs du domaine de la formation ont été retranscrits, puis transformés en une roue du futur synthétique. Cette dernière a permis de distinguer les deux facteurs principaux qui devraient influencer Coursera d’ici 2030, soit les interactions interpersonnelles et la diversité de son offre de cours. Les principaux résultats quant au développement futur de Coursera sont concentrés dans les quatre scénarios suivants :

    • De MOOC à SPOC : formations réservées à un faible nombre de participants sélectionnés.

 

    • Le Facebook de la formation : création de communautés du savoir et d’entraide.

 

    • Le YouTube de la formation : mini-vidéos complémentaires aux formations classiques.

 

  • Statu quo : formations « vitrines » dispensées par quelques grandes universités.

Au final, la méthode n’a pas pour but la représentativité, mais d’ouvrir le champ des possibles en exploitant les données afin de mettre en avant des scénarios probables. Ainsi, il s’agit de prévisions dont l’objectif est de permettre d’anticiper l’avenir au moyen d’actions actuelles. L’étude menée pourrait permettre à Coursera, grâce à l’originalité de la méthode utilisée, de prendre les décisions stratégiques et opérationnelles nécessaires aujourd’hui afin d’ambitionner le futur le plus souhaitable. Mots-clés : Coursera, Futures Wheel, MOOC, Small Private Online Course, Swiss education system, Online courses, Educational technology, Prospective strategy.

INTRODUCTION


Ce document a pour but de présenter notre analyse du service de formations en ligne disponible pour tous, Coursera. Le travail est axé autour de la question « Quels sont les futurs possibles de Coursera en Suisse romande à l’horizon 2030 ? » et doit nous permettre d’entreprendre une recherche sur le service, ses acteurs clés ou encore ses facteurs de réussite (ou d’échec) futurs, le tout en suivant une méthodologie imposée.Coursera est un service de formations en ligne ouvert à toute personne souhaitant profiter de cours dispensés par des universités renommées du monde entier. Il a été lancé en 2012 par des professeurs de l’université de Stanford et à rapidement compté plus d’un million d’étudiants dans 196 pays1. Le service a été adopté par quelques universités suisses (EPFL, UNI-GE, UNIL) qui fournissent donc des cours en français, alors que la majorité du catalogue de cours est actuellement en anglais.Le marché des MOOCs1 est composé de trois acteurs majeurs : deux « for-profit » Coursera et Udacity et un « non-profit » edX (lancé par Harvard et le MIT).Enfin d’entreprendre l’étude du sujet des MOOCs, nous nous sommes tout d’abord tournés vers des travaux présentant les MOOCs de façon générale.

[2] M. Peman, “Quels impacts les MOOCs vont – ils avoir sur le marché de la formation continue en Suisse ?,” HEG-Genève, 2014.

Le travail de Bachelor de Margaux Peman présente bien ce que sont les MOOCs et pose des hypothèses intéressantes sur leurs impacts en Suisse (angle précieux car peu représenté dans les articles parcourus). Nous avons ensuite souhaité comprendre comment se déroulaient les MOOCs et quels types d’utilisateurs les composaient. 1 Massive Open Online Course (https://fr.wikipedia.org/wiki/Formation_en_ligne_ouverte_%C3%A0_tous) [consulté le 16.11.2015]

[3] G. Christensen, A. Steinmetz, B. Alcorn, A. Bennett, D. Woods, and E. J. Emanuel, “The MOOC Phenomenon : Who Takes Massive Open Online Courses and Why ?,” Univ. Pennsylvania, nd Web, vol. 6, pp. 1–14, 2013.

L’article présente des statistiques concrètes sur les utilisateurs des MOOCs avec une enquète auprès de 35’000 utilisateurs de Coursera ayant participé à au moins un cours. On y apprends que parmi ces répondants, 80% ont déjà un Bachelor.Autre donnée intéressante, seulement 13% des utilisateurs sont sans emploi. Finalement, les utilisateurs ont répondu sur leur but d’utilisation de Coursera et deux réponses ressortent le plus : avancer dans leurs jobs actuels ou par curiosité.

[4] J. Mackness, S. F. J. Mak, and R. Williams, “The Ideals and Reality of Participating in a MOOC,” Learning, vol. 10, no. December 2011, pp. 266–274, 2010.

Etude des résultats d’un des premiers MOOCs (CCK08) en relation avec les 4 caractéristiques nécessaires identifiées d’un MOOC. Autonomie : permettre aux étudiants un maximum de choix sur « ou, quand, comment, avec qui et même quoi » apprendre. Diversité : s’assurer que les apprenants sont de populations suffisamment diverses pour éviter la création d’une pensée globale mais aussi la diversité quant aux contenus, discussions et environnements. Ouverture : s’accommoder à tous les niveaux d’engagement, pour s’assurer que l’information circule librement à travers le réseau via l’encouragement d’une culture de partage et un focus sur la création de savoir. Connectivité et interactivité : Permet de rendre tout le reste possible. Les résultats montrent surtout que l’énorme diversité des participants aux cours empêchait de mettre en place du support aux apprenants et de la modération de façon correcte.

[5] I. De Waard, S. C. Abajian, R. Hogue, and M. S. Gallagher, “Exploring the MOOC format as a pedagogical approach for mLearning,” mLearn 2011, pp. 138–148, 2011.

Le papier établi des profils d’utilisateurs de MOOCs, avec des statistiques concrètes sur la participation dans les MOOCs par la création d’un cours étudié en détail et avec questionnaires pour les participants. Il s’intéresse également à l’analyse de l’utilisation (mobile/fixe) et met finalement en avant le côté « création de savoir » via les possibilités d’interactions développées des MOOCs et facilitées par le nombre d’étudiants (et donc de savoir potentiel). [6] M. Dubosson and S. Emad, “The Forum Community , the Connectivist Element of an xMOOC,” vol. 3, no. 10, pp. 680–690, 2015. L’article s’attarde sur l’aspect communautaire des MOOCs et sur leur capacité à faire créer du savoir par ses utilisateurs. Nous avons ensuite souhaité commencer à envisager le futur des MOOCs, en général (pas uniquement Coursera), et avons pu trouver divers articles dans cette thématique.

[7] A. Harman, Keith; Koohang, “Mooc 2050: a Futuristic Tour,” Issues Inf. Syst., vol. 14, no. 2, pp. 346–352, 2013.

Les auteurs listent les points nécessaires à prendre en compte pour le futur des MOOCs et la vision « idéale » du MOOC en 2050. L’article pose des points de discussion sur l’avenir des MOOCs.

[8] L. Pappano, “The Year of the MOOC,” New York Times, pp. 1–7, 2012.

L’article est tiré du New York Times et n’est donc pas une publication scientifique au sens propre. Cependant, il nous a paru pertinent et plaisant à lire. Il présente ce qu’est un MOOC avant de présenter plusieurs forces et faiblesses actuelles du marché des MOOCs et des points d’améliorations clés futurs pour le domaine de l’enseignement massif en ligne. Nous avons tiré des témoignages intéressants pouvant nous fournir des points de départ pour nos scénarios contrastés, comme : « “What’s frustrating in a MOOC is the instructor is not as available because there are tens of thousands of others in the class,” Dr. Schroeder says. How do you make the massive feel intimate? »On pourrait ici identifier un problème évident des MOOCs, la masse énorme d’étudiants inscrits ; ou encore :« The ones I have study groups with people, those are the ones I finish… » Ici, la personne interviewée nous fait part de son avis sur les MOOCs et sur le fait que ceux offrant des cercles d’étude dans sa région (facilités par les réseaux sociaux) aident beaucoup dans son choix d’aller au bout du cours. La presse de Suisse romande s’intéresse également aux MOOCs et c’est notamment à travers trois articles que les lecteurs ont pu en apprendre un peu plus sur cette nouvelle manière d’apprendre et d’enseigner.

[9] Tribune de Genève, 12.09.2013, Valérie Vuille – Les MOOCS vont révolutionner l’enseignement académique

Cet article traite du redéploiement du monde académique grâce aux MOOCs. Selon Pablo Achard, en charge du programme à Genève, le public cible des universités s’élargi grâce à ce système de diffusion et il se compose désormais majoritairement de personnes externes au milieu académique. L’enseignement par le biais des MOOCs permet de suivre les cours des meilleures académiciens à travers le monde et selon Patrick Aebischer, président de l’EPFL, il sera possible dans un futur proche, de créer soi-même son programme et de choisir les meilleures cours. D’après l’UNESCO, le nombre d’étudiants passera de 165 millions en 2010 à 263 millions en 2035 et selon Pablo Achard, les MOOCs pourraient résoudre le problème des auditoires engorgés ou dédoublés en médecine. En ce qui concerne la certification, leur valeur fait encore débat. Actuellement, les plateformes qui hébergent les MOOCs ne sont pas en mesure de combattre le plagiat et la tricherie, mais d’après Patrick Aebischer, des universités américaines ont trouvé une solution en permettant aux étudiants de suivre les cours en ligne puis en passant ensuite l’examen dans le cadre de l’Université. Toujours selon Patrick Aebischer, les cours magistraux laisseront la place à des séances d’exercices en petits groupes alors que les cours eux se suivront via les MOOCs.

[10] Hémisphères du 19.06.2014, Céline Bilardo – MOOCs : un atout pour l’emploi

Cet article pose la question de l’utilité des MOOCs sur le marché du travail. Alors que plusieurs plateformes se développent autour de l’enseignement en ligne, Coursera reste la plus populaire avec 600 cours offerts depuis 2012. Ces cours représentent-ils un atout face aux employeurs ? Selon Pauline Tabet consultante en recrutement chez PTC Ressources Humaines à Nyon, toute formation est un atout par nature mais elle dépend également du type de cours suivi et de leur cohérence dans le profil du candidat. Séverine Liardon chargée de communication pour Manpower Suisse affirme que les employeurs recherchent des collaborateurs opérationnels immédiatement et quel que soit le système d’apprentissage, l’expérience sera toujours l’élément central. Les MOOCs ne sont pas encore devenus un critère de recrutement mais les professionnels pensent qu’ils le deviendront. Selon Pauline Tabet, la personnalité des candidats devient un élément de plus en plus important dans la sélection et le fait d’avoir terminé un MOOC démontre une capacité à chercher l’information ailleurs et en dehors de la voie traditionnelle. Elle souligne toutefois que la mention de MOOCs dans les CV est encore rare et que les candidats qui les mentionnent possèdent déjà pour la plupart un diplôme universitaire ou sont cadres dans leur entreprise. Enfin, les entreprises sont de plus en plus intéressées par les MOOCs et Mathias Rossi, professeur à la Haute école de gestion Fribourg explique que les petites entreprises pourraient trouver un bénéfice en proposant aux employés une formation continue en ligne et gratuite. Ce système permettrait aux professionnels d’appliquer rapidement la matière apprise au quotidien.

[11] Le Temps du 18 septembre 2014, Nicolas Dufour – L’université en ligne cherche ses marques

Cet article traite de l’enjeu des MOOCs au niveau mondial pour les universités. Celles-ci ont un nouveau moyen et de nouvelles opportunités de diffuser leurs enseignements via les MOOCs. Un effet de mode s’est ainsi répandu à travers le monde. Selon Pierre Dillenbourg qui dirige le Centre pour l’éducation à l’ère digitale, de nombreuses personnes voyaient les cours en ligne comme la solution qui règlerait les problèmes éducatifs ou encore la fin des universités classiques ; Il s’agit ni plus ni moins que d’un nouveau moyen d’enseignement.Certains cours de première année à l’EPFL sont devenus obligatoires via les MOOCs et la plupart des inscrits résidant à Genève ont un bachelor (80%) ou un master (50%). Ce constat remet en cause la connaissance pour tous. Selon Pierre Dillenbourg, de nombreux étudiants s’inscrivent aux cours afin de récolter les informations dont ils ont besoin et ne terminent pas le cours auquel ils se sont inscrits. Il faut savoir qu’un MOOCs nécessite entre 4 à 5 heures d’étude par semaine au minimum. L’enjeu de l’image est un élément très important pour les responsables académiques ainsi que pour les enseignants. L’offre de cours en ligne permet aux universités de devenir visibles mais l’effet à long terme pourrait voir les plus grandes institutions continuer à se développer alors que les petites structures seraient occultées. A contrario, cela permettrait aux plus petites écoles de bénéficier d’une meilleure visibilité grâce à des cours très spécialisés et à des professeurs de renom. Le vice-recteur à la qualité et aux ressources humaines de l’Université de Lausanne, Jacques Lanrès affirme qu’actuellement les MOOCs sont devenus un peu tout et n’importe quoi. Pour lui, le futur de ces cours en lignes réside dans la formation continue et dans une spécialisation de cursus « classiques » suivis à l’Université. Par exemple, pour une formation juridique proposée par la faculté de droit de l’Université de Genève, une spécialisation en droit international via un MOOC pourrait être offerte. En ce qui concerne la gratuité des cours diffusés sur les plateformes, les avis divergent selon la plateforme en question. EdX souhaite continuer à garder l’esprit académique ouvert alors que Coursera souhaiterait monétiser ses prestations. MATÉRIELS ET MÉTHODES Afin de déterminer l’approche stratégique à long terme à adopter pour Coursera, une méthodologie pertinente est nécessaire. L’enjeu réside dans l’évaluation et la description de scénarios potentiels pour Coursera à l’horizon 2030 en Suisse romande résultant de multiples causes et effets provenant de différents événements potentiels.

FUTURES WHEEL

Afin d’identifier les conséquences multiples (premier, second et troisième degré) d’un événement ou encore d’une tendance, la méthodologie dite des roues du futur (« Futures Wheel ») a été utilisée. Cet outil, développé en 1971 par Jérôme C. Glenn (GLENN, 1994), permet d’avoir une approche structurée de la conduite d’entretien auprès d’un panel de répondants pertinents au vu du thème abordé. Ainsi, la roue du futur permet d’utiliser la pertinence d’une représentation graphique (cartographie) à la conduite d’entretiens qualitatifs afin d’obtenir une base de données qui permettra les analyses nécessaires à la création de scénarios futurs possibles pour Coursera. En conséquence, il s’agit d’un véritable outil d’anticipation au service de l’action. En effet, la puissance des résultats obtenus par cette technique permet d’avoir des éléments concrets sur lesquels baser les actions ou projets d’aujourd’hui afin de développer positivement une entreprise. Il existe plusieurs outils de veille au sein des entreprises pour les aider à être proactif et à anticiper les événements de demain et ainsi de ne pas les subir. Cette méthodologie très intéressante fait partie de la boîte à outils.

FONCTIONNEMENT DE BASE

En fonction d’une question centrale, le répondant doit déterminer entre 4 à 5 facteurs (causes) qui pourraient influencer cette question centrale. Ensuite, le répondant doit imaginer 2 à 3 effets résultant des facteurs donnés (2ème degré), puis recommencer pour chaque effet cité (3ème degré). Le même effet peut provenir de différentes causes et chaque effet doit être estimé positivement ou négativement dans la mesure du possible. Source : élaboration propre

CARACTÉRISTIQUES DE LA MÉTHODE

L’utilisation des « Futures Wheel » pour la récolte des données permet d’avoir une méthodologie globalement simple et facile à prendre en main pour les personnes devant conduire les entretiens auprès des répondants soigneusement sélectionnés (cf. Sélection des répondants ci-après). Le caractère particulièrement visuel et directif facilite le questionnement et permet d’insister facilement sur les points importants identifiés. L’avantage majeur est donc une représentation aisée d’un grand nombre d’avis (causes et effets) de différentes personnes ainsi qu’une représentation visuelle de la complexité des interactions. Les limites de la méthode en termes de résultats concernent une contradiction potentielle entre différents impacts. Des tendances ou événements différents peuvent engendrer les mêmes impacts. Cependant ces impacts identiques peuvent être perçus de manière positive ou négative et donc entrer en contradiction à différents niveaux de la roue du futur. Par exemple, le « coût de formation » est cité tantôt à la hausse, tantôt à la baisse.Concernant la qualité des informations récoltées, une limite importante concerne la subjectivité des réponses. Cette subjectivité propre à chaque répondant apporte néanmoins la richesse des avis récoltés et la pertinence de la méthode. Cependant, ces opinions peuvent aussi devenir un biais important si les personnes interrogées se focalisent trop sur leur avis personnel et spécifique (par exemple, un dirigeant de Coursera pourrait ne pas aborder des points négatifs concernant l’entreprise). En conséquence, nous pourrions éventuellement augmenter le nombre de répondants pour accroître la représentativité des résultats. Dans le même ordre d’idée, une sélection de l’échantillon réellement aléatoire ou plus stricte (méthode des quotas) pourrait être appliquée. De plus, la difficulté principale réside dans l’agrégation de tous les entretiens. Chaque répondant possède son propre vocabulaire qu’il est nécessaire de transformer afin d’obtenir une base de données cohérente et uniformisée. Par conséquent, l’interprétation et la reformulation des points cités sont clés dans l’utilisation correcte de la roue du futur.

SÉLECTION DES RÉPONDANTS

La récolte des données s’est effectuée à l’aide d’un échantillon empirique. Cette méthode de sélection des répondants ne permet pas de prétendre à la représentativité et engendre inévitablement des biais d’échantillonnage. Cependant, ce choix fut nécessaire pour des raisons pratiques d’accessibilité des répondants et de délais. Dans une large mesure, les répondants ont ainsi été identifiés au sein du réseau personnel ou professionnel de chaque membre du groupe.Un accent particulier a été mis sur la réduction du nombre de biais et sur l’augmentation de la représentativité. A cet effet, il fut décidé de choisir les répondants à cette étude sur la base des critères et catégories suivants : CritèresCatégoriesSexeHomme & FemmeÂge- 18 ans18 – 25 ans26 – 35 ans36 – 45 ans46 – 55 ans56 – 65 ans+ 65 ansRégionCantons de Suisse romande (FR, GE, JU, NE, VD et VS)Catégorie socio- professionnelle

    • Professeurs : Coursera et non Coursera

 

    • Etudiants : Coursera et non Coursera

 

    • Responsables RH (entreprises privées ou publiques)

 

    • Responsables formation continue

 

    • Autorités et experts du domaine de la formation

 

  • Concurrents de Coursera

Cette stratégie est axée sur une répartition des répondants entre les différentes parties prenantes de Coursera ou, de manière plus générale, des formations en ligne. Ainsi, ces différentes catégories vont permettre d’identifier au mieux les facteurs influents afin de déterminer les futurs possibles de Coursera. Il a été convenu qu’interroger uniquement des personnes employées ou impactées directement par Coursera aujourd’hui ne servirait pas suffisamment l’objectif de cette étude qui se projette à l’horizon 2030. L’avenir étant par définition incertain, l’avis de certains répondants, non impactés pour l’instant par Coursera, comme par exemple les enseignants primaires, ont ainsi également été pris en compte.Certains répondants ne connaissaient pas encore Coursera. Ainsi, l’entreprise fut rapidement décrite en quelques phrases (plateforme offrant des cours en ligne, présence mondiale, cursus d’universités réputées, accès aux cours gratuits, etc.). Nous précisions également qu’il s’agissait de manière générale à considérer l’avenir des plateformes de formations en ligne. Cette introduction permettait de faire surgir le plus souvent plus rapidement les idées des répondants ; même auprès des personnes connaissant déjà Coursera.org final, l’échantillon des 15 personnes interviewées se rapproche au mieux des critères établis ci-dessus. En raison des délais et de l’agenda de certaines personnes approchées (par exemple dans le domaine des ressources humaines), certains critères n’ont été pris que partiellement en considération ; notamment la répartition régionale ou d’âge. Plusieurs contacts ont été pris avec des professeurs fournissant des cours en ligne pour Coursera. Malheureusement, nous n’avons soit pas obtenu de réponse positive, soit pas obtenu de réponse dans le temps imparti pour nos interviews.

CONDUITE ET TRADUCTION DES ENTRETIENS

Les prises de contact se sont effectuées par email ou/et téléphone avec chaque répondant identifié. Un rendez-vous physique a été convenu pour chaque entretien. Les entretiens ont généralement durés entre 30 minutes et 1 heure. Certains répondants très intéressants pour leur expertise n’avaient malheureusement pas davantage de temps à accorder.Ces entretiens ont systématiquement commencés par une brève explication du cadre du travail et de la méthode de retranscription (roue du futur). Par ailleurs, un accord d’enregistrement audio était demandé. Dans quelques cas, il n’a pas été procédé à l’enregistrement sur demande du répondant ou pour ne pas biaiser les réponses si la personne ne se sentait pas à l’aise avec l’idée d’être enregistrée.Pour chaque entretien, les intervieweurs se sont munis d’une grande feuille blanche et d’un stylo ou crayon afin de retranscrire directement en roue du futur les idées des répondants. La question centrale « Quels sont les facteurs/tendances qui pourraient impacter/influencer Coursera dans le futur » (abrégée souvent par « Futurs possibles de Coursera ») était inscrite dans une bulle au centre de la feuille. Les réponses venant ensuite se placer autour de celle-ci. Le déroulement des entretiens a parfois été difficile. En effet, il ne fut pas toujours simple de « faire parler » tous les répondants. Certains exprimaient des idées qui n’avaient pas de lien direct avec l’objet de notre étude. Par exemple, des personnes commençaient directement par citer les inconvénients ou les avantages des cours en ligne. Ces réponses étaient néanmoins notées « de côté » afin de les utiliser ultérieurement lors de la réflexion sur les scénarios possibles. D’autres n’avaient quelques fois pas autant de facteurs ou de conséquences à citer que le nombre que l’on escomptait obtenir. Ainsi, plusieurs questions de relance ont souvent été nécessaires afin de, soit recadrer les propos de l’interviewé, soit l’encourager à trouver d’autres arguments. Les questions de relance ont été, par exemple, « Ne voyez-vous vraiment pas d’autres conséquences ? » ou « Si la conséquence que vous avez citée venait à se produire, quelles en seront les conséquences ? ». La durée de ces entretiens a parfois semblé « décourager » certains répondants. En effet, le fait de devoir aller dans le détail (des conséquences) de chaque facteur influent cité au début de l’entretien pouvait donner l’impression de répéter certaines idées plusieurs fois.Une autre difficulté rencontrée est liée à la rapidité de la discussion et donc de la prise de note synthétique. Il peut s’avérer compliqué de résumer la pensée du répondant sans se poser soi- même des questions sur la manière de transcrire ou sur la pertinence de la réponse. En effet, au fur et à mesure des entretiens, on pense inévitablement aux mots-clés préalablement cités et à la possibilité de regrouper l’idée exposée avec un facteur déjà indexé. Au final, répertorier les données des différentes roues du futur dans un fichier Excel permettant le traitement informatique de celles-ci n’est pas aisé. En effet, le choix du libellé de chaque facteur ou conséquence est crucial. Il s’agit de résumer l’idée du répondant sans trop la biaiser. Au fur et à mesure des entretiens, la tendance est aussi au regroupement de plusieurs idées en un seul intitulé afin de ne pas être surchargé par le nombre de mots-clés mis en évidence par les différentes interviews. Le risque est alors de perdre la signification des propos de chaque personne en raison d’une trop grande synthèse.

CRÉATION DE LA ROUE DU FUTUR SYNTHÉTIQUE

Une fois l’ensemble des interviews saisis, nous avons pu procéder au rassemblement des mots-clés finaux, afin d’obtenir une centaine de facteurs regroupant plusieurs idées similaires. Les données (index de l’ensemble des facteurs et transcriptions des interviews, voir annexe 1) ont été transformées au format souhaité (annexe 1) pour l’importation dans Gephi (logiciel d’analyse et de visualisation de réseaux). Source : élaboration propre Chacun des membres du groupe possédait son propre index, pour éviter les problèmes de mauvaise compréhension de facteurs entre les différents intervieweurs.Une fois toutes les interviews saisies, le groupe s’est réuni pour consolider l’ensemble des index, en essayant de les réunir dans des méta-facteurs, tout en évitant de perdre trop d’information. Finalement, les liens ont été mis à jour avec le nouvel index consolidé et les données étaient ainsi prêtes à être insérées dans Gephi.Une fois les données exploitables dans le logiciel, nous avons pu commencer à rechercher la meilleure représentation de celles-ci sous forme de « roue du futur ». Comme nous avions conservé la question de recherche en tant que facteur « central » de l’ensemble du reste des mots-clés, nous avons pu tout de suite constater la pertinence de la représentation « Force Atlas », disposant les données fortes comme centre de gravité de la représentation et ensuite les facteurs faibles (moins cités) orbitant autour d’eux. RÉSULTATS Cette partie destinée à la présentation des résultats traite d’une part de la complexité de la roue du futur synthétique obtenue et d’autre part des quatre scénarios contrastés construits sur la base de cette représentation synthétique.Premièrement, il est essentiel de constater la richesse des avis et idées qui ont été émis par les 15 répondants lors de cette étude, ce qui démontre l’une des plus grandes valeurs ajoutées de la méthode utilisée. CHIFFRES CLÉS DE LA ROUE DU FUTUR SYNTHÉTIQUE Nombre d’entretiens 15 Facteurs avant consolidation 455 (moyenne de 30 par entretien) Facteurs post-consolidation 99 Relations entre facteurs 606 (moyenne de 40 par entretien) L’introduction et le traitement de l’ensemble de ces données dans le logiciel Gephi ont permis après plusieurs manipulations de réaliser une roue du futur synthétique.Cette roue démontre l’ensemble des relations entre toutes les variables. La taille des bulles correspond à la fréquence de citations des variables et la largeur des traits à leur intensité.

ROUE DU FUTUR SYNTHÉTIQUE

Voici la représentation de la roue du futur synthétique qui se trouve également en annexe 2. Un zoom sur la roue du futur synthétique permet de mieux comprendre les résultats principaux obtenus. La bulle rouge centrale correspond à la question de recherche de base. On constate déjà, à ce premier niveau de questionnement, le nombre très important de facteurs d’influences différents qui ont été cités. SalaCireolslaborations entre Universités et Hautes écolesConcurrence direcDteépendance envers les universitéPs