Création monétaire dans le système financier actuel

Création monétaire dans le système financier actuel

La création monétaire s’inscrit dans les théories quantitatives de la monnaie. Les politiques monétaires utilisent la monnaie pour réguler l’économie. C’est la quantité de monnaie en circulation dans une économie qui va influencer par exemple les prix (inflation), la croissance économique, le niveau de chômage, le taux de change d’une monnaie (qui va influencer le niveaux des exportations et importations). 

Comment fonctionne la création monétaire et quelle est l’importance de la monnaie dans notre système financier?


Création monétaire dans le système financier actuel 

La monnaie se présente sous différentes formes notamment la monnaie centrale et la monnaie scripturale ou la monnaie de compte. Chaque typologie se distingue par des caractéristiques et des risques différents. Même la création de chacune d’elles est particulière, car la monnaie centrale se compose des billets en circulation en plus des avoirs à vue déposés par les banques commerciales auprès de la banque centrale. 

Les deux monnaies sont employées en tant que moyen de paiement sans limitation de montant du moment qu’elles revêtent un aspect légal. La monnaie centrale comme toute autre monnaie est sujette aux effets inflationnistes et à la dépréciation de sa valeur associée à la hausse des prix. Mais elle ne présente pas d’autres risques.

C’est la Banque nationale suisse (BNS) qui a la charge de la création de la monnaie centrale. Au moment d’acheter des devises ou des titres à une banque commerciale, elle verse la contrepartie en francs suisses sur le compte à vue de cette dernière. Elle procède dans le sens inverse lorsqu’elle cherche à réduire le volume de monnaie centrale. 

Dès lors, elle lance la vente des devises ou des titres pour empocher l’équivalent en monnaie nationale en débitant les sommes dues des avoirs à vue des banques commerciales. Grâce à ce mécanisme, elle augmente ou baisse le volume de la monnaie centrale selon les besoins de la politique monétaire du pays.

La gestion de la monnaie centrale, soit les billets en circulation et les avoirs, dépend de la demande de numéraire. Ainsi, pendant la période des fêtes, les gens effectuent beaucoup de retraits et à ce moment les billets de banque mis en circulation augmentent, avant d’enregistrer une baisse à la fin de cette période, car les billets qui ont servi aux règlements des achats sont déposés par les banques commerciales auprès de la banque nationale

En effet, les banques commerciales effectuent des dépôts auprès de la BNS contre des avoirs à vue. Elles accèdent à la fois aux billets, mais aussi aux comptes de la BNS, tandis que le grand public n’a accès qu’au numéraire, étant donné qu’il ne possède pas de comptes auprès de la banque nationale.

Les établissements bancaires exploitent les avoirs détenus auprès de la BNS dans les paiements sans numéraire entrant dans le trafic interbancaire. Les flux de paiements interbancaires et entre les établissements financiers et leurs clients passent par le système Swiss Interbank Clearing et génèrent des opérations de transfert d’avoirs entre les comptes des banques et la BNS. 

Les banques sont tenues de respecter les réserves minimales en billets et avoirs sur leurs comptes à la BNS et ce conformément à la loi sur la banque nationale.

Il faut distinguer entre la monnaie centrale et la monnaie scripturale. Cette dernière est souvent employée pour indiquer les dépôts à vue des clients qui détiennent également des comptes d’épargne ou des dépôts à terme. 
Ces derniers ne servent pas à des transactions mais ce sont des équivalents de liquidités. Les dépôts à vue des clients sont utilisés dans les paiements et contrairement à la monnaie centrale, la monnaie scripturale n’a pas de cours légal. Néanmoins, elle a un droit sur la monnaie centrale étant donné qu’il est possible d’échanger des dépôts à vue contre des billets et d’effectuer des paiements sans numéraire. Pour cette opération, la monnaie centrale est transférée de la banque du mandatant vers l’établissement du bénéficiaire. Le règlement se passe par du numéraire ou de la monnaie scripturale. 

Cette dernière est sujette aux effets inflationnistes en plus du risque de crédit. A ce propos, un client insolvable ne peut faire valoir son droit à la monnaie centrale sinon dans la limite du dépôt garanti. 

La conscience générale s’aiguise par rapport à ce risque notamment pendant les périodes de crise, chose qui se manifeste à travers la panique bancaire. Le risque de crédit est contrebalancé par la génération d’intérêts pour les dépôts bancaires. 

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La création de la monnaie scripturale 

Il s’agit de connaître la méthode de création des dépôts des clients en francs suisses. De nos jours, on constate l’existence d’une relation entre l’émission de la monnaie scripturale et l’octroi de crédits par les établissements bancaires. 

En accordant un emprunt à un client, la banque procède à un dépôt sur son compte. Dès lors, les prêts octroyés sont enregistrés à l’actif du bilan de l’établissement alors que le dépôt est consigné au passif du compte client. Ce dernier peut utiliser le montant de l’emprunt qu’il a reçu. Au moment où l’emprunteur procède au paiement, ses avoirs sont diminués alors que ceux du bénéficiaire augmentent. 

L’un des prêts les plus en vogue en Suisse est le crédit hypothécaire. Pour ce type de prêt, il est d’usage que la banque transfère directement le montant du bien immobilier au compte du vendeur en contrepartie de la cédule hypothécaire, sans que les fonds ne passent par le compte de l’emprunteur.
L’exécution du paiement est conditionnée par la détention de la banque des avoirs à vue auprès de la banque centrale. Une fois qu’elle dispose de suffisamment de monnaie centrale, elle peut virer les fonds. 

Autrement elle est tenue de solliciter le marché interbancaire pour avoir les liquidités ou de contracter un crédit auprès de la banque nationale. Une telle opération n’est possible que si l’établissement possède des titres de garantie ou s’il consent à verser un supplément.

Un établissement bancaire n’a pas la possibilité d’augmenter indéfiniment les dépôts de ses clients en octroyant des prêts. Après la finalisation des opérations de paiement, les dépôts formés par les crédits accordés disparaissent des livres de l’établissement prêteur.

D’un autre côté, toute opération de virement génère un nouveau dépôt réalisé auprès d’un autre établissement bancaire. Mais de façon globale le volume de monnaie centrale demeure le même. Lorsqu’une banque accorde un crédit, ceci se traduit par l’augmentation du volume de dépôts dans le système bancaire et par ricochet la masse monétaire en circulation auprès du grand public.

Les retraits des avoirs ou de la monnaie centrale dus aux paiements, sont variables au même titre que les rentrées. Globalement ils ne représentent qu’une part minime du total des dépôts. C’est ce qui explique que les banques commerciales ne sont pas obligées de détenir un franc de monnaie centrale pour chaque franc déposé.

Une portion des rentrées de monnaie centrale est employée pour accorder des prêts. Ceci entre dans le cadre des réserves fractionnaires, étant donné que les dépôts des clients ne doivent pas disposer d’une couverture entière sous forme de monnaie centrale. La notion de la couverture partielle s’oppose à celle de la monnaie pleine. 


Les limitations du développement du crédit et de la création de monnaie 

L’octroi de crédits génère une augmentation des dépôts de la clientèle, mais il ne signifie aucunement que le système bancaire peut se lancer dans la création monétaire ni à l’accroissement des crédits à volonté. Les principales limitations consistent en la politique monétaire de la banque centrale de même que le rapport rendement/risque.

Les créances à long terme des établissements bancaires sont constituées des crédits qui figurent à l’actif du bilan. Alors que les engagements à court terme englobent les dépôts à vue qui sont consignés au passif. 

Les établissements financiers agissent sur la liquidité et les échéances pour assumer le rôle d’intermédiaire entre épargnants et investisseurs. Ces deux catégories ont des besoins différents, que les banques veillent à rapprocher ou à concilier.  

Les premiers sont en quête de sûreté pour leurs dépôts, avec la possibilité de les retirer à tout moment. Alors que les deuxièmes recherchent des crédits à long terme pour le financement de leurs projets. Dès lors les établissements bancaires assument un double risque lié au crédit et à la liquidité. 

Les risques varient en fonction du nombre de déposants et d’emprunteurs, qui reste très élevé. L’activité de la banque dans le domaine de l’emprunt lui offre un avantage de taille par rapport à l’épargnant car elle a la possibilité d’évaluer et de superviser les emprunteurs. Pour les acteurs économiques qui ne peuvent pas accéder au marché des capitaux, ils ont toujours la possibilité de contracter des prêts auprès des banques pour financer leurs projets.

A travers les opérations de crédit, les établissements bancaires jouent un rôle primordial dans l’économie du pays. Les profits réalisés sont le résultat de la différence entre les taux d’intérêt sur les prêts et ceux appliqués sur les dépôts. C’est une indemnisation pour ces établissements afin de compenser les risques encourus en matière d’emprunt et de liquidité et d’indemniser les prestations fournies dans le cadre des dépôts et des opérations d’évaluation et de supervision des emprunteurs.

Les banques ne peuvent accorder de prêts que si elles en tirent des profits mais cette opération n’est pas forcément rentable. C’est pourquoi elles se réfèrent au rapport rendement/risque en tenant compte des intérêts actuels et à venir pour les crédits et les dépôts. Comme elles s’appuient sur la probabilité des retraits et des dépôts sans oublier les réglementations qui régissent les fonds propres et les liquidités. 

En tenant compte de ces variables, l’octroi de prêt devient plus limité de même que la création de monnaie. La politique monétaire adoptée influence considérablement la création de la monnaie et le développement des prêts dans le système bancaire. 

La banque centrale intervient à travers la fixation des taux d’intérêt à court terme. Toute restriction de la politique monétaire se traduit par une hausse des taux pratiqués et une baisse de la demande des prêts. D’un autre côté toute augmentation des taux induit un ralentissement économique et un ralentissement de la demande des emprunts. Elle modère également l’offre de crédits par les établissements bancaires, car elle s’associe à la probabilité de défauts de crédit.

Les banques doivent veiller à la qualité de leur portefeuille de crédits pour ne pas être obligées à subir un renchérissement de leur financement qui dépasse la hausse globale des taux. C’est la raison qui les pousse à réduire leur offre de crédits.

La politique monétaire impacte le développement des prêts demandés par les entreprises et les ménages, mais aussi l’offre des banques. Le but est de restreindre la création monétaire dans le système bancaire.


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