Analyse financière – l’investissement

Analyse financière – l’investissement

Analyse financière – structure de l’endettement

Dans cette vidéo, nous allons voir deux indicateurs financiers qui entrent dans la catégorie des ratios de structure du financement et qui permettent d’analyser le niveau d’endettement. Le niveau d’endettement analyse la façon dont une entreprise se finance. Deux possibilités s’offrent à l’entreprise :

  1. un financement interne à l’entreprise, à travers les capitaux propres ;
  2. un financement externe, sous forme de dettes, par exemple un emprunt bancaire ou obligataire qui nécessitera non seulement un remboursement de la dette, mais aussi un paiement de ses intérêts.

Le niveau d’endettement est un ratio qui met en évidence le poids de l’endettement d’une entreprise par rapport à ses capitaux propres. En effet, le financement est  nécessaire à la croissance des entreprises. Pour décider du niveau d’endettement optimal, il est important de prendre en considération, notamment le risque de faillite qu’un fort endettement pourrait engendrer, le niveau des taux d’intérêts et l’anticipation de leur évolution, à quel stade de son cycle de vie se trouve l’entreprise (lancement, croissance, maturité, déclin), mais aussi de sa capacité à s’autofinancer et donc à générer de la liquidité, le degré d’autonomie souhaité dans le pilotage de l’entreprise, etc.

Dans cette vidéo, nous allons voir deux façons de mesurer l’endettement qui démontre finalement la même chose. Premièrement, le degré d’endettement, c’est-à-dire la part que représente les capitaux étrangers par rapport au total du bilan, dont voici la formule :

degré d’endettement = capitaux étrangers sur total du bilan

Deuxièmement, le rapport de financement, c’est-à-dire, la relation entre les capitaux étrangers et les capitaux propres donne la formule suivante :

rapport de financement = capitaux étrangers sur capitaux propres

Pour rappel, le total des capitaux, c’est-à-dire les capitaux étrangers + les capitaux propres, correspond au total du bilan.

Regardons maintenant un exemple de ce que nous entendons par la structure des capitaux d’une entreprise et de quels éléments elle peut se composer. Nous voyons des extraits du bilan de deux entreprises. L’entreprise 1 montre un capital actions de 500’000 francs. Certains bénéfices non distribués, c’est-à-dire des réserves, d’un montant de 300’000 francs font également partie des fonds propres. Donc, si nous additionnons ces deux postes, cela donne 800’000 francs de capitaux propres. L’entreprise a également obtenu un prêt bancaire de 200’000 francs, représentant son seul financement externe. Elle totalise donc un total du bilan de CHF 1’000’000.

Comparons ensuite cela avec la deuxième entreprise qui, elle aussi, a un total du bilan de CHF 1’000’000 mais qui présente une structure légèrement différente. Le capital-actions et les réserves s’élèvent à 400’000 francs. Cependant, son financement externe est beaucoup plus élevé en proportion de son financement propre. Elle présente en effet un prêt bancaire de 500’000 francs ainsi qu’une autre dette de CHF 100’000. Donc, si on les additionne, les fonds étrangers de l’entreprise 2 s’élèvent à 600’000 francs.

L’élément clé de ce petit exemple est donc de montrer qu’une entreprise ayant les mêmes capitaux totaux peut avoir une relation différente entre ses capitaux étrangers et ses capitaux propres.

Analysons maintenant notre ratio de rapport de financement. Pour l’entreprise 1, la dette bancaire de 200’000 francs correspond à un quart du montant du financement propre, CHF 200’000 divisé par CHF 800’000, nous donne un rapport de 0.25, soit multiplié par 100 un ratio de 25%. En revanche, l’entreprise 2 a une part beaucoup plus importante de financement externe avec une dette de 600’000 francs pour des fonds propres de 400’000 francs. Si on fait le même calcul, on observe un rapport de financement de 1.5, soit 150%. Qu’est-ce que cela signifie ?

Pourquoi une entreprise voudrait-elle une proportion plus élevée de financement interne? Normalement, les fonds propres sont associés à la notion de sécurité, c’est une meilleure source de financement pour les entreprises pour atténuer le risque de faillite. Une proportion élevée de fonds étrangers ne convient généralement pas aux entreprises fragiles, comme de jeunes entreprises. En effet, celles-ci doivent rembourser la dette et payer des intérêts alors que les capitaux propres offrent un niveau de flexibilité plus élevé au cas où les choses tourneraient mal.

Donc, on trouve a priori plus de fonds propres dans les entreprises qui ont des risques plus élevés ou dans de nouvelles entreprises, par exemple des start up, mais également lorsque l’entreprise ne veut pas être dépendante de tiers alors qu’elle a besoin d’une certaine flexibilité. Plus l’endettement est élevé, plus l’entreprise est dépendante de ses bailleurs de fonds. Cependant, il se peut aussi qu’une entreprise veuille avoir un niveau d’endettement élevé dans sa structure. Cela peut parfois améliorer sa rentabilité. C’est aussi le cas lorsque que les taux d’intérêt sont bas, voire négatifs, en période de politique monétaire expansionniste menée par les banques centrales.

Bien sûr, les fonds étrangers sont une bonne source de financement si l’entreprise montre une bonne rentabilité avec des flux de trésorerie positifs, ce qui lui permet de régler facilement les intérêts et de rembourser ses dettes.

Voyons maintenant le calcul du degré d’endettement qui met toujours en relation les capitaux étrangers, non plus avec les capitaux propres, mais avec les capitaux totaux.

Prenons l’exemple suivant : Deux entreprises du même secteur présentent un extrait de leur bilan. L’entreprise 3 a des fonds étrangers de 200’000 francs, et des fonds propres de 600’000 francs. En additionnant les deux, cela représente 800’000 francs de capital total. Par conséquent, 200’000 francs de fonds étrangers divisé par le total des capitaux de 800’000 francs, nous donne un pourcentage de 25%. On compare cela avec l’entreprise 4, qui présente également des fonds propres et des fonds étrangers de 800’000 francs, mais dont les dettes sont beaucoup plus élevées: 500’000 francs. En divisant 500’000 par 800’000, on obtient 62,5%.

Qu’est-ce que cela signifie ? Comment évalue-t-on ce degré d’endettement  ?

Il faut se méfier des généralités sur l’endettement. On dit généralement qu’un degré d’endettement de 50% ou plus est considéré comme étant élevé, mais cela dépend de plusieurs paramètres comme nous l’avons vu en début de vidéo. A priori, si le ratio est de moins de 20% à 25%, ce qui est faible, cela correspond à un endettement acceptable, présentant peu de risques. La performance de l’entreprise et le secteur dans lequel elle opère sont à prendre en compte avant de tirer des conclusions de ces résultats. Cela dépend également de la phase dans laquelle se trouve l’entreprise et ce qu’elle essaie de réaliser.

Il y a quelques avantages à avoir un niveau d’endettement élevé. En effet, il sera certainement plus avantageux en période de faible taux d’intérêts de recourir au financement externe plutôt que de répondre aux attentes des actionnaires qui recherchent souvent un rendement élevé. Cette possibilité d’accroître le rendement des capitaux propres en recourant au capital étranger est connue sous le terme d’effet de levier, que nous verrons dans une autre vidéo.

Lever des capitaux propres ou étrangers permet d’accélérer la croissance de l’entreprise. Le fait de s’endetter permet une meilleure rentabilité des capitaux propres investis par les actionnaires. En effet, pour un montant équivalent investi, l’entreprise sera plus performante en générant des cash flow plus importants. Elle pourra donc verser des dividendes plus élevés aux actionnaires.

Un degré d’endettement élevé est parfaitement acceptable si l’entreprise se trouve dans une période où elle présente des bénéfices importants et de solides flux de trésorerie qui facilitent le remboursement de sa dette et le paiement de ses intérêts. A contrario, si l’entreprise présente un faible niveau d’endettement, elle aura moins de risques de s’écrouler sous le poids de celui-ci.

Par ailleurs, si l’entreprise présente un faible taux d’endettement, les bailleurs de fonds auront peu d’influence sur l’entreprise, ce qui octroie une plus large autonomie.

En substance, vous l’aurez compris, le niveau d’endettement optimal dépend beaucoup du contexte macro-économique et interne à l’entreprise.

 

Analyse financière – le retour sur investissement

Dans cette vidéo, nous allons voir un ratio financier utilisé pour évaluer la rentabilité économique de l’entreprise. Il est appelé le retour sur investissement ou ROI en anglais à savoir “return on investment”, mais aussi la rentabilité économique ou encore la rentabilité des capitaux investis (RCI). 

Il ne faut pas oublier que dans les affaires, le principal rendement des activités commerciales est le profit, soit le bénéfice, c’est-à-dire la différence entre les revenus totaux et les coûts totaux. Mais pour générer un profit, les entreprises doivent investir dans les actifs nécessaires au développement de leur activité, comme les matières premières ou les marchandises destinées à la revente, les actifs immobilisés, comme des véhicules, des machines de production, et des biens immobiliers, par exemple des entrepôts ou des points de vente s’il s’agit de détaillant. 

Le retour sur investissement consiste à mesurer le rendement relatif du bénéfice par rapport aux montants investis dans l’entreprise, c’est-à-dire dans les capitaux totaux. 

Voici la formule : ROI = EBIT / Capitaux totaux moyens

Le ROI donne une indication de l’efficacité avec laquelle une entreprise transforme son capital investi en profit. Il peut également servir d’indice de référence avec un taux de rendement cible utile pour évaluer la rentabilité des projets de développement au sein d’une entreprise. Par exemple, cela peut être un indicateur d’aide à la décision pour lancer ou non une nouvelle offre ou entrer sur un nouveau marché géographique. 

De plus, le retour sur investissement est également très utile pour comparer la performance financière d’une entreprise avec des concurrents ou avec l’industrie dans son ensemble (principe du benchmark).

Enfin, le ROI donne une indication sur l’évolution de la performance au sein de l’entreprise elle-même année après année. 

Comment calculer ce ratio ? C’est un ratio exprimé en pourcentage. Il est calculé de différentes manières mais le calcul habituel est le suivant : vous prenez le bénéfice d’exploitation de l’entreprise, ou parfois le bénéfice net, et vous le divisez par le capital investi dans l’entreprise qui est défini comme le total des capitaux de l’entreprise.

Prenons un exemple. L’entreprise X présente des capitaux étrangers de 500’000 francs, et des capitaux propres composés d’un capital-actions d’1 million et de réserves de 250’000 francs. Cela donne des capitaux propres d’1’250’000 et des capitaux totaux de 1’750’000. Le compte de résultat fait apparaître un profit de 400’000 francs. L’entreprise Y, quant à elle, présente des capitaux propres de 4,5 millions de francs ainsi que des capitaux étrangers de 700’000 francs pour un bénéfice de 1 million. 

Pour l’entreprise X, nous prenons le bénéfice divisé par les capitaux totaux, 400’000 divisés par 1’750’000 soit 22,9%. 

Idem pour l’entreprise Y, où le bénéfice est de 1 million divisé par les capitaux totaux de 5’200’000, ce qui donne un ratio de 19,2%.

Comment analyser ces ratios? On s’aperçoit que les deux entreprises ont un niveau de rentabilité proche, autour de 20%. Pourtant, l’entreprise Y a un bénéfice significativement plus élevé que l’entreprise X. La raison est que le ROI est une mesure relative, de facto, qui ne se base pas sur la valeur absolue, en l’occurrence le niveau du bénéfice. 

L’entreprise Y a certes un bénéfice plus important, mais il en va de même pour son capital. C’est pourquoi, la rentabilité de ces entreprises est ici proche malgré une différence importante au niveau du bénéfice. 

 

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